Santé

Épidémie de chikungunya à la Guadeloupe : 4710 cas

Bilan au 17 avril

Témoignages.re / 22 avril 2014

Chikungunya à la Guadeloupe : 4710 cas cliniquement évocateurs, 1261 cas probables ou confirmés, 1 décès enregistré. Précision de la CIRE Antilles Guyane dans son dernier bulletin épidémiologique.

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Répartition de l’épidémie de chikungunya à la Guadeloupe.

Surveillance des cas cliniquement évocateurs

L’augmentation du nombre de cas cliniquement évocateurs de chikungunya depuis la mi-mars (S2014-12) se poursuit en semaine 2014-15 mais la progression par rapport à la semaine précédente est moins importante (+12%). Durant la deuxième semaine d’avril (S2014-15), on estime que 985 cas cliniquement évocateurs ont été vus en médecine de ville.

Au total, 4710 cas cliniquement évocateurs de chikungunya vus en médecine de ville ont été estimés depuis le début de la surveillance.

Surveillance des cas probables et confirmés

Au total 1261 cas biologiquement positifs de chikungunya sont recensés depuis le 24/12/2013. Cette augmentation du nombre de cas depuis le dernier point épidémiologique est due pour partie à un rattrapage des données sur les semaines 2014-08 à 2014-10. Une forte progression de ces cas est observée en semaine 2014-14. Depuis le passage en épidémie avérée (le 10 avril 2014), il a été recommandé aux médecins généralistes de ne plus confirmer biologiquement systématiquement les cas des zones les plus touchées (Baie-Mahault, Lamentin, Goyave, Capesterre Belle Eau, Petit Bourg, Grand Bourg et Terre de Bas) sauf chez les patients pour lesquels la confirmation biologique est absolument nécessaire à la prise en charge médicale.

Surveillance des passages aux urgences

Au CHU de Pointe à Pitre, l’augmentation du nombre de passages aux urgences pour suspicion de chikungunya se poursuit même si elle est plus modérée au cours de la deuxième semaine d’avril (S2014-15). Entre le 7 et le 13 avril 2014, 48 passages pour suspicion de chikungunya ont été identifiés par le dispositif Oscour® dont 34 pour des enfants de moins de 15 ans. Au CH de Basse-Terre, on note également une augmentation des passages aux urgences pour chikungunya depuis la semaine 2014 -13 et une stabilisation en semaine 2014-15. Le nombre de passages était de 9 pour chacune des deux semaines 201414 et 15 et concernait des personnes âgées de 15 ans et plus.

Répartition spatiale des cas

Depuis le passage en épidémie avérée, la répartition spatiale des cas est établie à partir des données fournies par le réseau de médecins sentinelles sur les 4 dernières semaines et non plus à partir des cas biologiquement confirmés (Figure 14). L’absence de médecin généraliste installé sur la commune de Vieux Fort, tout comme l’absence de médecins sentinelles sur les communes de Port Louis et Saint Louis empêchent toute estimation du nombre de cas cliniquement évocateurs dans ces communes. Ceci ne signifie pas qu’elles sont indemnes de cas de chikungunya. En effet, des cas ont été biologiquement confirmés à Vieux Fort.

Sur les 4 dernières semaines (2014-12 à 2014-15), du 17 mars au 13 avril, les communes les plus touchées en termes d’incidence cumulée sont dans l’ordre décroissant : Terre de Bas, Pointe à Pitre, Grand Bourg, Baie-Mahault, Petit Canal, Goyave, Les Abymes et Lamentin.

Conclusions pour la Guadeloupe

L’épidémie de chikungunya se poursuit en Guadeloupe. Le nombre hebdomadaire de cas cliniquement évocateurs continue d’augmenter en semaine 2014-15 mais avec une progression moindre que celle observée les deux dernières semaines. Le nombre de cas biologiquement confirmés a fortement augmenté en semaine 2014-14.

Une relative stabilité des passages aux urgences est par ailleurs observée en semaine 2014-15. Sur les 4 dernières semaines (2014-12 à 2014-15), la circulation du virus continue de progresser sur le territoire de la Guadeloupe.
Depuis le 10 avril 2014, la Guadeloupe se trouve en phase 3a du Psage : situation épidémique avérée avec chaînes locales de transmission.


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