Santé

Épidémie de chikungunya en Martinique : plus de 16000 cas

Bilan au 17 avril

Témoignages.re / 22 avril 2014

Chikungunya en Martinique : 16000 cas cliniquement évocateurs, 1473 cas probables ou confirmés, 2 décès enregistrés. Pour la CIRE Antille Guyane : Les indicateurs épidémiologiques confirment la poursuite de l’épidémie de chikungunya à la Martinique (phase 3A du PSAGE) en dépit de l’arrivée de la période climatique sèche, généralement synonyme de raréfaction du vecteur compétent. L’évolution dans les prochaines semaines permettra d’en mesurer les éventuels effets sur la dynamique de l’épidémie. Précisions dans cet extrait du Point épidémiologique.

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Répartition de l’épidémie de chikungunya en Martinique.

Surveillance des cas biologiquement confirmés ou probables

Depuis le début de l’épidémie au 13 avril 2014, 1473 cas biologiquement positifs ont été rapportés par le système de surveillance en Martinique.

Passages aux urgences adultes et pédiatriques (MFME)

Le nombre de passages aux urgences adultes du CHUM, site PZQ (Figure 8a) pour suspicion de chikungunya est resté relativement stable entre début mars et début avril, avec en moyenne 50 passages hebdomadaires pour suspicion de chikungunya. Aux urgences adultes du CHUM, site Trinité, ce sont entre 20 et 28 passages hebdomadaires qui ont été enregistrés au cours des deux dernières semaines.
Le nombre de passages aux urgences pédiatriques (site MFME) en semaine 2014-15 augmente par rapport aux 3 semaines précédentes (respectivement 38 passages versus 30 passages hebdomadaires). La part des passages aux urgences imputables à une suspicion de chikungunya par rapport à l’ensemble des passages reste globalement stable.

Surveillance des cas cliniquement évocateurs par les médecins généralistes

Durant la deuxième semaine d’avril 2014 (S201415), le nombre de cas cliniquement évocateurs de chikungunya continue de progresser. Sur cette période, le nombre de patients vus en consultation par les médecins généralistes de ville pour suspicion de chikungunya est estimé à 2560, soit 25% d’augmentation par rapport à la semaine précédente (Figure 6). Depuis la mise en place du dispositif de surveillance de l’infection virale par le réseau de médecins sentinelles, le nombre total estimé de personnes malades suspectées et qui ont consulté un médecin généraliste de ville est de 16 000.

Surveillance des cas cliniquement évocateurs par SOS Médecins

Le nombre de visites à domicile effectuées par SOS médecins est en augmentation de 42% en semaine 2014-15 par rapport à la semaine précédente (Figure 7). En effet, 158 visites à domicile pour suspicion de chikungunya ont été effectuées la deuxième semaine d’avril comparativement aux 111 visites de la semaine précédente.
La part des visites à domicile attribuable à une suspicion d’infection à chikungunya, sur l’ensemble des visites réalisées, est aussi en hausse (1 visite sur 5) en comparaison de celle observée au cours des semaines précédentes.

Surveillance des cas hospitalisés

Depuis la mise en place du dispositif de surveillance des cas hospitalisés avec confirmation biologique pour le chikungunya, 336 patients hospitalisés ont été recensés parmi lesquels 182 cas ont fait l’objet d’un classement par le service d’infectiologie du CHUM. Sur les 182 cas classés, on enregistre 161 formes non sévères et 21 formes sévères. Une augmentation du nombre de patients avec confirmation biologique hospitalisés est observée en semaine 2014-14 (31 mars au 6 avril), tendance qui coïncide avec la dynamique générale de l’épidémie.
Deux décès chez des personnes porteuses du virus chikungunya ont été rapportés à ce jour. Le premier décès à été classé par les experts infectiologues comme indirectement lié au chikungunya, le second est en cours d’évaluation.

Répartition spatiale des cas

Sur les quatre dernières semaines (S2014-12 à S201415), du 17 mars au 13 avril, les communes les plus touchées en incidence cumulée sont dans l’ordre décroissant : Basse-Pointe (6,9%), Trinité (5,1%), Marin (4,2%), Saint-Pierre (3,9%), Schœlcher (3,4%).
Une forte activité est toujours observée sur la côte Caraïbe.
La région centre, au sens large du terme, est la plus impactée sur les quatre dernières semaines.


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