Santé

La méningite à La Réunion

Inquiétude dans l’Ouest

Témoignages.re / 6 avril 2012

Les autorités sanitaires ont enregistré cinq cas de méningites à méningocoque depuis le mois de décembre, dans le quartier de Sans Soucis, à Saint-Paul. La situation devient inquiétante, les habitants craignent les risques d’épidémie.

La méningite à méningocoque débute par une angine puis se poursuit par l’apparition d’une hyperthermie, des frissons et des céphalées. Cette inflammation des méninges est le plus souvent d’origine infectieuse.
Parmi les cinq victimes, Jimmy, Leslie et Emmanuel dont l’âge est compris entre 14 et 17 ans ont été infectés par une méningite bactérienne, qui nécessite une hospitalisation. La dernière victime est un bébé âgé de 11 mois qui est décédé dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 mars.
Face à l’aggravation de la situation, les habitants s’interrogent sur la prise en compte de la maladie dans le quartier. En effet, le quartier abrite de nombreux enfants de bas âge, de femmes enceintes et de personnes fragiles, comme les personnes âgées. Mais de son côté, l’ARS-OI (Agence Régionale de Santé-Océan Indien) a assuré que les personnes qui sont entrées en contact avec les malades ont été toutes prises en charge.
Le Dr Polycarpe a expliqué dans le “Journal de l’île de La Réunion” : « Nous ne sous-estimons pas leur drame et comprenons leurs inquiétudes. Toutes les familles concernées ont été contactées par téléphone. Je ne suis pas sûr qu’un entretien en face à face ait changé quelque chose. Maintenant, peut-être aurions-nous dû communiquer de manière plus large (…) On est préoccupé et on reste extrêmement vigilants ».
Cette situation devient difficile, d’autant plus que l’ouest est touché par trois cas de dengue dans l’Ouest. D’après le communiqué de presse de l’ARS, le 23 mars, « des actions de lutte anti-vectorielle et une surveillance renforcées ont été mises en place », après l’apparition de 3 cas de dengue sur la zone de Bellemène sur la commune de Saint-Paul et d’un cas à La Saline les Hauts fréquentant la zone de Bellemène.

Un test pour notre système

Méningite, dengue, autant de maladies qui rappellent notre vulnérabilité aux épidémies. En 2006, nous avons connu le chikungunya. Près du tiers de la population a été touchée, plus de 200 personnes décédées : une catastrophe sanitaire.

Catastrophe économique également, car toute l’activité du pays était à terre. Les touristes ont fui La Réunion, la confiance s’est envolée. Catastrophe environnementale, car le pouvoir parisien avait décidé de traiter la question à coups d’insecticides chimiques toxiques.

La manière dont cette épidémie de méningite sera combattue donnera des indications sur l’évolution de notre capacité de résistance. Car nous serons toujours une île tropicale, un terrain propice à des épidémies qui par le passé constituaient la première source de mortalité.


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