Santé

Le BTI : un moyen peu coûteux et écologique

Lutte contre les maladies arboviroses

Cinthia Fontaine / 29 avril 2010

Dans le cadre de la résurgence du chikungunia à La Réunion la Sénatrice Gélita Hoarau souhaite rappeler l’expérience menée avec succès contre les maladies arboviroses à Salitral au Pérou grâce au BTI (Bacillus thuringiensis var. israelensis H-14) ainsi que des possibilités offertes pour la mise en place de ce moyen de lutte contre les moustiques scientifiquement avéré.

« Le BTI (Bacillus thuringiensis var. israelensis H-14) est une bactérie naturelle sans danger aucun ni pour l’homme ni pour la faune et la flore. Elle est peu coûteuse, particulièrement efficace et mobilisatrice puisque les produits de lutte contre les moustiques sont fabriqués localement en faisant appel aux agriculteurs du pays et à la population pour sa fabrication et son épandage » a expliqué Gélita Hoarau, sénatrice de La Réunion.
La technique mise au point par la microbiologiste Ventosilla et ses collègues de l’institut de médecine tropicale Alexander von Humbolt de Lima est peu coûteuse et écologique et permet de remplacer les insecticides. Incubée quelques jours dans une noix de coco, elle est ensuite versée dans les gites larvaires. La méthode très simple utilise uniquement de la cire de bougie, un couteau bien aiguisé et une noix de coco, et nécessite peu de formation. La méthode testée à Salitral se reposait sur la population qui a été formée à contrôler ainsi la population de moustiques, au point où on ne parle plus d’épidémie.

Un environnement à surveiller

Cette année, 38 cas de chikungunia ont été avérés sur l’île ainsi que 2 cas de dengue. Les autorités s’efforçant de prendre les mesures nécessaires pour éviter l’extension de la maladie et éviter une épidémie. Si ces chiffres sont bien loin de l’épidémie de 2005/2006, il révèle une réalité indéniable comme l’a souligné Gélita Hoarau. Les conditions géographiques et climatiques de La Réunion comme la circulation des personnes, nous condamne à des actions de lutte pérenne. Le docteur André Cabié, chef du service des maladies infectieuses et tropicales au Centre hospitalier de Fort-de-France (Martinique) et spécialiste de la dengue actuellement en mission à La Réunion a rappelé que les maladies arboviroses frappent plus de 100.000 personnes dans le monde. Les recherches faites à La Réunion pourront de plus être utiles sur toute la zone, touchée par ces maladies.
« Comme je l’avais déjà fait en 2006, ici et au Sénat, je réitère ma proposition d’étudier cette expérience en envoyant une mission pluridisciplinaire ou en faisant venir à La Réunion une mission de l’équipe du Pr Ventosilla (composée d’un anthropologue, d’un sociologue, d’entomologistes et de biologistes) », ajoute Gélita Hoarau. Cette mission à laquelle doit être associée la Chambre d’agriculture nous permettrait de connaître comment obtenir un produit anti-vectorielle efficace, peu coûteux et écologique, produit localement. Cela mettrait à contribution nos agriculteurs (plantation de cocotiers et cueillette) leur assurant un revenu complémentaire, ce qui en période de crise agricole n’est pas négligeable. La mise à disposition du public dans des conditions économiques à déterminer permettrait son utilisation dans les divers lieux privés.

Deux grands services d’intérêt public

Pour ce qui est des espaces publics Gélita Hoarau revient à la proposition faite lors des États-généraux de l’Outre-mer de créer deux grands services d’intérêt public l’un dans l’aide à la personne et l’autre dans l’environnement, créateurs de milliers d’emploi. Ce service à l’environnement fournirait le nombre d’hommes de femmes nécessaires à la production et à l’épandage du BTI sur toute La Réunion.
Telles sont donc les propositions que Gélita Hoarau présentera une nouvelle fois au Sénat, afin de ne plus faire de la lutte contre les moustiques une action d’urgence ponctuelle en cas de réapparition de la maladie mais une action pérenne et écologique répondant aux conditions réunionnaises.

CF


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