Santé

Le virus Ebola inquiète de plus en plus

L’épidémie progresse en Afrique de l’Ouest

Céline Tabou / 5 juillet 2014

L’épidémie de fièvre « est la plus grave par le nombre de cas et le nombre de foyers ». En effet, de 60 foyers ont été découvert entre la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone a expliqué Antoine Gauge, de Médecins sans Frontières.

Ebola est partie de Guinée, le pays est le plus affecté avec 396 cas, dont 280 mortels. Le pays voisin, le Liberia a dénombré 63 cas de fièvre hémorragique, dont 41 mortels. Pour sa part, le Sierra Leone a comptabilisé 176 cas et 46 décès.

L’épidémie est « hors de contrôle »

Dans ces trois pays, la panique est de plus en plus grande car ils n’avaient jamais été touchés auparavant. « La principale difficulté à laquelle nous faisons face est cette peur générée par la maladie parmi la population. Certains patients se cachent. L’information de la part des gouvernements reste insuffisante », a expliqué Antoine Gauge.
Le 23 juin, Médecins Sans Frontières (MSF) avait averti que l’épidémie était désormais « hors de contrôle » et menaçait de se propager à d’autres pays. Depuis, l’Organisation Mondiale de la Santé s’est alignée sur cet avis, qui a déployé 150 experts sur le terrain. De son côté, Peter Piot, médecin belge qui a découvert le virus à Yambuku il y a près de quarante ans, s’est dit effrayé par la recrudescence de la maladie. Ancien directeur d’ONUSIDA, il a qualifié l’épidémie, sur une chaine américaine, d’inédite, la juge incontrôlable.
"Une telle épidémie n’a jamais eu lieu en Afrique de l’ouest », a-t-il indiqué, car « c’est la première fois qu’une épidémie touche trois pays en même temps. Troisièmement, c’est également une première de voir le virus apparaître dans des capitales ». Pourtant, « la possibilité de stopper la chaîne de contagion est devenue, de fait, très difficile, confirme Antoine Gauge. Pour l’instant, il n’y a pas de traitement. Le seul moyen de faire face est de stopper la transmission par une prise en charge des cas confirmés, un suivi de tous ceux qui ont été en contact avec les malades, une forte sensibilisation de la population et la gestion des funérailles », a expliqué Antoine Gauge.

Un « relâchement »

Selon le spécialiste de la maladie à l’OMS, Pierre Formenty, la recrudescence du nombre de cas s’explique en partie par un « relâchement » de la mobilisation et de l’attention vis à vis du virus. « Il faut impérativement intensifier les efforts de riposte, promouvoir la collaboration transfrontalière et le partage d’informations sur les cas suspects et les contacts, et mobiliser tous les secteurs de la communauté afin de garantir un accès sans entrave aux zones affectées », a-t-il expliqué aux médias.
Devant l’urgence de la situation, l’Organisation mondiale de la santé vient de convoquer une réunion internationale d’urgence qui s’est tenu les 2 et 3 juillet 2014 à Accra, au Ghana. La but était d’"interrompre dans les plus brefs délais la propagation de cette maladie mortelle et hautement contagieuse. » A la suite de ce sommet, douze pays d’Afrique de l’Ouest ont convenu d’un plan de lutte commun contre la fièvre hémorragique.
Un fonds d’urgence, doté de 10 millions de dollars, devrait être constitué afin de renforcer les structures de soins dans les régions les plus touchées et limiter la propagation. face à l’impossibilité de freiner la contagion, l’OMA a recommandé aux pays voisins, tels que la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali et le Sénégal, de se préparer. Il a d’ailleurs été demandé aux gouvernements d’inciter les personnalités politiques, religieuses et communautaires de leurs pays afin de sensibiliser la population aux dangers de ce virus.
Les participants au sommet ont insisté sur les difficultés rencontrées jusqu’ici. En effet, « quand vous prenez Gueckedou, qui est l’épicentre de l’épidémie, c’est tout proche de la Sierra Leone, le Liberia et même la Côte d’Ivoire, qui n’est pas encore touchée. La gestion transfrontalière nous a vraiment fatigués, nous avions l’obligation de gérer tous les malades qui venaient », a expliqué le ministre guinéen de la Santé Rémy Lamah. Selon, un responsable de l’OMS, interrogé par le Journal du Mali, l’épidémie pourrait durer encore « plusieurs mois ».

Céline Tabou


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