Santé

Plus de 80 pays ont augmenté d’au moins 50% leurs efforts dans la lutte contre le SIDA

L’amorce d’un recul de l’épidémie ?

Témoignages.re / 23 juillet 2012

Un nouveau rapport de l’ONUSIDA et son supplément indiquent que, tandis que les financements internationaux s’étiolent, de plus en plus de pays augmentent la part des investissements qu’ils consacrent à la lutte contre le VIH, et qu’un nombre record de 8 millions de personnes bénéficient aujourd’hui d’une thérapie antirétrovirale.

Un nouveau rapport du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) montre que le montant des fonds nationaux consacrés à la lutte contre le VIH a dépassé celui des investissements internationaux. Le rapport intitulé,« Ensemble nous vaincrons le SIDA », indique que les pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires ont investi 8,6 milliards de dollars dans la riposte contre le SIDA, ce qui représente une augmentation de 11% par rapport à 2010. Les financements internationaux sont toutefois restés stables, à leur niveau de 2008 (soit 8,2 milliards de dollars).
D’après le rapport, 81 pays ont augmenté de plus de 50% leurs investissements nationaux consacrés au SIDA entre 2006 et 2011. Les investissements publics nationaux en faveur de la lutte contre le SIDA se sont développés au fur et à mesure que l’économie des pays à faibles revenus et à revenus intermédiaires se développait elle-aussi.

400% de hausse en Afrique du Sud

À titre d’exemple, les dépenses publiques en Afrique subsaharienne, (hors Afrique du Sud) ont augmenté de 97% au cours des cinq dernières années. Les fonds versés par l’Afrique du Sud proviennent d’ores et déjà à plus de 80% de sources de financement nationales, et le pays a quadruplé ses investissements nationaux entre 2006 et 2011.
« Nous vivons à l’ère de la solidarité internationale et de la responsabilité mutuelle », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Les pays les plus durement touchés par l’épidémie sont en train de se prendre en charge et d’adopter une position de leader dans la riposte face au VIH. Cela ne suffit toutefois pas à stabiliser le niveau de l’assistance internationale, qui doit augmenter si nous voulons atteindre les objectifs fixés pour 2015 ».

120% de hausse chez les pays émergents

Afin d’accroître davantage l’implication de chaque pays, ainsi que la responsabilité mutuelle, l’Union africaine a mis en place une Feuille de route pour favoriser le partage des responsabilités et la solidarité internationale dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme en Afrique, avant la tenue de la 19e Conférence internationale sur le SIDA à Washington, DC. L’organisation ouvre ainsi la voie vers la mise en place de financements plus diversifiés, plus équilibrés et plus durables dans le cadre de la lutte contre le SIDA d’ici 2015, et illustre le nouveau leadership et le poids de l’Afrique dans le paysage international de la lutte contre le SIDA.
Les pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont augmenté de plus de 120% leurs dépenses publiques nationales en faveur de la lutte contre le VIH entre 2006 et 2011. Ces pays financent désormais plus de 75%, en moyenne, des montants investis à l’échelle nationale dans la lutte contre le SIDA. En Afrique du Sud et en Chine, les sources de financement nationales représentent d’ores et déjà plus de 80% de ressources consacrées à la lutte contre le SIDA, le gouvernement chinois s’est même engagé à financer intégralement la lutte dans les prochaines années. L’Inde s’est également engagée à augmenter de plus de 90% ses financements nationaux lors de sa prochaine phase de lutte contre le SIDA. Le Brésil et la Russie financent déjà intégralement la lutte contre le SIDA avec des ressources nationales.


Déficit de la solidarité internationale

Parallèlement, le financement de la communauté internationale pour la lutte contre le VIH est resté globalement stable entre 2008 et 2011, à hauteur de 8,2 milliards de dollars. Le financement des États-Unis représente près de 48% de la totalité de l’aide internationale en faveur de la lutte contre le SIDA.
« Il est évident que ce n’est pas le moment de ralentir les efforts déployés au niveau international pour lutter contre le SIDA. Il faut au contraire tirer profit des progrès accomplis pour enfin aboutir à une génération sans SIDA », a indiqué l’ambassadeur Eric Goosby, coordinateur pour les États-Unis de la lutte mondiale contre le SIDA. « Les États-Unis ont clairement indiqué qu’ils continueraient à assumer leur part de responsabilité partagée, en réalisant des investissements intelligents qui permettront d’optimiser chaque dollar investi afin de sauver des vies ».
Bien que les investissements nationaux en faveur de la lutte contre le SIDA soient en augmentation, on constate un important déficit au niveau des financements internationaux en faveur de la lutte contre le VIH. On estime qu’en 2015, le déficit annuel sera de l’ordre de 7 milliards de dollars. Au cours de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur le SIDA qui s’est tenue en 2011, les pays ont adopté une Déclaration politique sur le VIH/SIDA, via laquelle ils ont accepté d’augmenter leurs investissements en faveur de la lutte contre le VIH d’entre 22 et 24 milliards de dollars d’ici 2015. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire que tous les pays réalisent un effort concerté pour accroître les financements.


54% des patients sous traitement dans les pays pauvres et émergents

Nombre record de personnes sous traitement : de nombreuses vies sauvées

Bien que les ressources totales en faveur de la lutte contre le SIDA n’aient pas augmenté de manière significative, un nombre record de personnes ont désormais accès aux thérapies antirétrovirales. En 2011, huit millions de personnes au sein des pays à faible revenus et à revenus intermédiaires ont eu accès à des thérapies permettant de leur sauver la vie, soit 1,4 millions de personnes de plus qu’en 2010. Malgré l’importance du nombre de personnes ayant récemment initié un traitement, elles représentent seulement un peu plus de la moitié (54%) des 14,8 millions de personnes éligibles.


Un message d’espoir

Le rapport souligne d’autre part les progrès considérables accomplis dans la réduction du nombre des nouvelles infections par le VIH chez les enfants. On estime ainsi que, depuis 2009, le nombre de nouvelles infections chez les enfants a chuté de 24%. Environ 330.000 enfants ont été infectés en 2011, chiffre représentant presque la moitié de celui atteint en 2003 lors du pic de l’épidémie (570.000 cas).
Si l’on se réfère aux progrès réalisés pour étendre l’accès aux thérapies antirétrovirales et pour empêcher les nouvelles infections par le VIH chez les enfants, on peut en déduire que les pays sont sur la bonne voie pour atteindre les objectifs fixés par la déclaration politique de 2011 sur le VIH/SIDA : éliminer les nouvelles infections chez les enfants et faire en sorte que 15 millions de personnes bénéficient de thérapies antirétrovirales.
« Il est indispensable que tout le monde, dès aujourd’hui et pour toujours, bénéficie du traitement et de la prévention contre le VIH », a indiqué M. Sidibé. « Je pense que, tous ensemble, nous vaincrons le SIDA. La question n’est pas de savoir si nous y parviendrons, mais quand nous y parviendrons ».


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