Santé

Rester vigilant et ne pas céder à la panique

L’Association des médecins régulateurs libéraux communique sur la grippe A

Sophie Périabe / 26 août 2009

Devant le débordement, ce week-end, des cabinets de garde et du centre de régulation des appels, les 26 médecins de l’ARRMEL (l’association des médecins régulateurs libéraux) lance un appel au calme. Les patients doivent consulter et appeler dans des circonstances bien particulières afin de permettre d’assurer la continuité des meilleurs soins pour ceux qui en ont réellement besoin.

Les médecins régulateurs libéraux sont ceux qui, en partenariat avec le SAMU, vous répondent lorsque vous appelez le 15 et que votre appel relève de médecine générale. Ils ont constaté ce week-end encore un afflux important de patients dans les cabinets de garde et au centre d’appel, parfois « pour tout et n’importe quoi ». « Un nez qui coule, 38° de fièvre », ces symptômes, à eux seuls, ne justifient pas l’affolement qu’on rencontre parfois dans les cabinets de garde. « La fréquentation a augmenté de 50 à 100% », précise le Dr Patrice Humbert, président de l’ARRMEL. « On parle de morts en Nouvelle-Calédonie, la presse titre plus de 30.000 cas, donc tout le monde s’affole, alors qu’il faut juste rester vigilant ».
Selon les médecins, à ce jour, « la grippe H1N1 est une grippe bénigne dans la quasi-totalité des cas dont les symptômes ne doivent pas affoler plus que ceux des grippes de chaque hiver ». Néanmoins, 2 personnes en Nouvelle-Calédonie sont décédées alors qu’elles ne présentaient pas de pathologies. « J’attends les résultats, mais sur Internet, on peut lire que ces personnes étaient obèses. Cela peut être un facteur aggravant. D’ailleurs, partout où on a prévu des décès, on a été obligé de les revoir à la baisse ». Concernant les décès enregistrés en Nouvelle-Calédonie, le Dr Humbert rappelle qu’il faut comparer ces chiffres par rapport à la même période l’année dernière. « A La Réunion, on fait une extrapolation par rapport au nombre de patients diagnostiqués cliniquement pour donner un chiffre », mais il est très difficile de donner un chiffre réel.
« Rappelons tout de même que la DRASS avait dit que les vieilles personnes qui avaient connu la grippe de 1956 étaient immunisées. Les informations sont très fluctuantes. En tout cas, le nombre de morts est ridicule par rapport à ce qui avait été redouté », souligne le Dr Humbert.
Néanmoins, il est essentiel que les personnes fragiles (les enfants de moins de 5 ans et surtout de moins de 2 ans, les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes porteuses de pathologies préexistantes, notamment insuffisance cardiaque, rénale ou respiratoire, diabète, asthme, SIDA, traitement pour un cancer) consultent rapidement leur médecin traitant ou le 15 en cas d’apparition brutale de fièvre. Pour les autres, celles qui ne sont pas à risques, des signes de gravité peuvent vous alerter : fièvre supérieure à 40° persistante, essoufflement important, troubles de la conscience.
Le maître mot reste donc la vigilance et ne pas céder à la panique, « la vitesse de propagation du virus et surtout le nombre de personnes atteintes résident uniquement dans le fait que la population n’est pas immunisée ».

SP 


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