Union européenne

BEST : initiative réunionnaise adoptée par l’Union européenne

Élie Hoarau fait voter un amendement pour financer la protection de la biodiversité

Manuel Marchal / 22 décembre 2010

Bien que l’Outre-mer représente 80% de la biodiversité de la République, il ne disposait pas d’une ligne de crédit spécifique au niveau européen pour financer la valorisation de la biodiversité. Cette injustice est réparée depuis mercredi dernier. Le Parlement européen a en effet voté un budget en augmentation, dans lequel figure un amendement proposé par Élie Hoarau. BEST va permettre aux associations et aux organisations œuvrant dans la protection de la biodiversité d’avoir droit à des financements européens pour leurs projets.

Hier lors d’une conférence de presse, Élie Hoarau a présenté une avancée importante obtenue pour l’Outre-mer grâce à son action de député au Parlement européen. Au mois de septembre, son assemblée a pris connaissance du projet de budget proposé par la Commission européenne. Conséquence du Traité de Lisbonne, le Parlement a désormais le droit de voter le budget en dépense, et seul un texte commun au Conseil de l’Union européenne, c’est-à-dire les chefs d’États, et aux parlementaires peut être appliqué.
Après un premier refus des chefs d’États (voir encadré), le budget de l’Union a fini par être adopté mercredi dernier. Il valide un amendement déposé par Élie Hoarau. Il s’agit d’une mesure qui va aider à préserver et valoriser la biodiversité de l’Outre-mer.

Revendication formulée à La Réunion

Pour les régions situées sur le continent européen, il existe le dispositif Natura 2000, mais ce dernier est très loin d’être adapté et donc utilisé dans l’Outre-mer. Difficile à mettre en œuvre, Natura 2000 n’entre pas en jeu dans nos régions, alors qu’elles représentent 80% de la biodiversité de la République.
C’est là qu’intervient le nouveau dispositif proposé par Élie Hoarau. Le député de la section océan Indien a constaté que le colloque sur la biodiversité organisé à La Réunion par la Région, l’UICN et l’Europe en 2008 avait souligné que les régions d’Outre-mer n’ont pas d’aides européennes pour ce domaine ; d’où la demande d’une ligne budgétaire spécifique pour la biodiversité dans l’Outre-mer.
L’amendement d’Élie Hoarau répond à cette revendication.
Mercredi, il a été adopté avec le vote du budget. « Pour la première fois dans le budget de l’Union européenne, une ligne de crédit existe pour financer les actions de protection de la biodiversité dans les Régions ultrapériphériques (RUP) et les Pays et Territoires d’Outre-mer (PTOM) », dit en substance le député réunionnais. Dénommée BEST (Biodiversity Ecosystem Service Territories european overseas), cette ligne est dotée de 2 millions d’euros.

« Préparer vos projets »

Son objectif est de financer l’amorce des projets de valorisations, qui sont en effet systématiquement précédés par des études. C’est là que BEST intervient.
Désormais, elles pourront être financées par des fonds européens. Quelques mois après le classement d’une grande partie du Parc national au Patrimoine mondial de l’humanité, cet appui est le bienvenu. La protection de notre biodiversité est en effet une lutte quotidienne. Le député donne l’exemple des filaos qui colonisent les coulées de lave refroidies, empêchant la reconquête de ces centaines d’hectares par la flore endémique.
Élie Hoarau conclut en appelant les organisations et les associations : « préparer vos projets ».

Manuel Marchal


Vers la taxation des transactions financières ?

Pour son premier vote de budget en dépenses, le Parlement européen avait décidé de les augmenter de 9% par rapport à l’année précédente. Cette hausse n’a pas été acceptée par le Conseil de l’Union européenne. Les chefs d’États s’étaient accordés sur une hausse maximale de 2,91%, arrivant à aller au-delà des positions des plus austères d’entre eux qui ne voulaient pas aller au-delà de 1%.
Lors du deuxième vote au Parlement européen, le budget 2011 a été adopté avec une augmentation de 2,91% par rapport à 2010. Mais en échange de l’adhésion au point de vue des chefs d’États, les députés ont obtenu un débat sur la recherche de nouvelles recettes pour l’Union européenne.
La première piste examinée est soutenue à 100% par Élie Hoarau, il s’agit d’une taxe sur les transactions financières.
La seconde est accueillie avec une pointe de vigilance par le député, il s’agit d’une taxe carbone.
Quant à la troisième, elle pose un problème aux Réunionnais, car il s’agit d’une taxe sur les billets d’avion. « Nous sommes déjà une RUP caractérisée par l’éloignement, il ne faudrait pas que l’on nous inflige un nouvel handicap avec une hausse des prix des billets d’avion », dit en substance le député au Parlement européen.


POSEI : la réforme est lancée

Créé en 1991, le Programme opérationnel spécifique lié à l’éloignement et à l’insularité (POSEI) doit être réformé pour être mis en conformité avec le Traité de Lisbonne qui est le cadre des politiques européennes.
POSEI permet aux agriculteurs de bénéficier d’aides directes de l’Union européenne, ce qui est une dérogation au droit commun permis par notre statut de RUP.
Au total, POSEI représente une enveloppe de 270 millions d’euros annuels, pour les 4 Départements d’Outre-mer. C’est ce qui permet de faciliter la diversification de l’agriculture, d’obtenir des aides aux intrants ou à l’export.
Nommé rapporteur de cette réforme, Élie Hoarau rencontrera les représentants des agriculteurs et des institutions concernées par POSEI. Après La Réunion, le député poursuivra ses consultations aux Antilles.
Élie Hoarau souhaiterait que cette réforme puisse aboutir notamment vers une gouvernance plus proche des bénéficiaires de ce programme. Actuellement, la gestion de POSEI est centralisée à l’ODEADOM à Paris.


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