Union européenne

Des négociations difficiles en perspective

Budget européen

Céline Tabou / 6 février 2013

Après le rapport de force posé par David Cameron, Premier ministre britannique, c’est au tour de François Hollande d’indiquer que « les conditions n’étaient pas encore réunies » pour un accord sur le budget de l’Union européenne 2014-2020.

A la veille du prochain Sommet de Bruxelles, les 7 et 8 février, les négociations entre les chefs d’États européens seront compliquées et difficiles, chacun cherchant à défendre ses intérêts nationaux. Le chef d’État français a expliqué que « la négociation est très difficile parce qu’elle touche à une conception de l’Europe fondée à nos yeux sur la solidarité et sur la croissance, mais également à des intérêts nationaux. Et il est bien légitime que chaque chef d’État ou de gouvernement défende le sien ».

Tenter de trouver un accord

« J’espère qu’on pourra trouver un accord en essayant de respecter le paquet qu’on avait eu du mal à négocier en novembre. Et j’espère que le système qui en découlera sera plus juste », a espéré Mario Monti, chef d’État italien.

Le point de tension est la contribution nette de chaque pays membre qui « doit être à la hauteur de la situation économique de chacun, compte tenu de la crise financière qui a sévi pour certains plus que pour d’autres », a expliqué le président du Conseil italien. L’Italie a été « le premier contributeur net au budget de l’Union en 2012 ».

Après l’échec du précédent Sommet fin novembre sur la question budgétaire, les dirigeants européens vont devoir trouver un compromis sur le budget de l’UE pour la période 2014-2020. A l’occasion de ce Sommet, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, avait proposé un budget de l’UE à 973 milliards d’euros (1,01% du PIB européen). Mais les divergences persistent sur le montant des coupes budgétaires demandées par certains États membres et sur la répartition de ces réductions de dépenses entre les différentes politiques européennes. Les négociations devraient porter sur un montant de 20 à 25 milliards d’euros de coupes supplémentaires à opérer dans le dernier compromis présenté en novembre.

Le poids de Berlin sur le budget européen

Première économie européenne, l’Allemagne est très présente au sein de la gouvernance européenne, la chancelière Angela Merkel a précisé que les négociations seraient « très difficiles ».

« On ne peut pas encore dire aujourd’hui si les discussions aboutiront. Je sais seulement que les négociations seront très difficiles », a déclaré Angela Merkel dans un podcast diffusé samedi 2 février sur son site internet. Angela Merkel brigue un troisième mandat consécutif lors des élections législatives de septembre prochain. Cette dernière a souligné qu’elle « ferait tout pour parvenir à un accord », basé sur ses critères et conditions.

Pour rappel, l’Allemagne est à la tête de la plainte portée contre le Programme Européen d’Aide aux plus Démunis (PEAD), destiné à financer les aides alimentaires.

La chancelière a rappelé que l’Allemagne faisait partie des plus gros contributeurs nets au budget de l’UE, et avait ses propres intérêts à défendre dans ces discussions. A l’instar de David Cameron, l’Allemagne plaide pour rendre l’Union européenne « plus compétitive et plus performante ».

Pour le Premier ministre polonais, Donald Tusk, « si le compromis final doit être un peu inférieur à la dernière proposition pour obtenir un accord des Britanniques et des Allemands, cette réduction ne devra en aucune manière affecter les fonds destinés à la cohésion » pour les régions les plus pauvres d’Europe. Ce dernier a averti que les fonds pour la cohésion ne devaient pas être inférieurs à 300 milliards d’euros sur la période.

Céline Tabou

Une guerre des chiffres

Le président de la Commission européenne, Manuel Barroso, a indiqué que « le débat ne peut pas se réduire à des coupes ». Le président de l’UE, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a expliqué que « plus le Conseil (qui rassemble les 27 États de l’UE) s’éloigne des chiffres de la Commission, plus il est probable que le Parlement européen rejette ce compromis ».

La Commission européenne préconise un budget de plus 1.050 milliards d’euros, soit 77,4 milliards de plus que la proposition du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ce dernier souhaite un budget de 973 milliards d’euros pour la période, soit 1,01% du PIB européen. Les dirigeants européens n’ont pas encore surmonté leurs divergences, mais tous espèrent que les 7 et 8 février seront l’occasion de résoudre certains blocages.


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