Union européenne

Emploi des jeunes, l’Europe met 620 millions d’euros

Céline Tabou / 4 juin 2014

Le ministre du Travail, François Rebsamen a annoncé mardi 3 juin la création de 45.000 emplois d’avenir supplémentaires pour 2014. Cette annonce survient à la veille de la signature d’un programme entre la France et la Commission européenne contre le chômage des jeunes.

Ces annonces interviennent six jours après la publication des chiffres du chômage en avril, faisant état d’une nette augmentation. En effet, fin avril, plus de 534.000 jeunes demandeurs d’emploi de moins de 25 ans, sans aucune activité, étaient sans emploi.

45.000 emplois d’avenir

Face à des chiffres alarmants, le gouvernement a décidé d’augmenter le nombre d’emploi d’avenir. François Rebsamen a ainsi expliqué que « le gouvernement financera 45.000 emplois d’avenir supplémentaires en 2014, qui viendront s’ajouter aux 50.000 initialement prévus ».

Descendants des « emplois jeunes » du gouvernement Jospin, l’emploi d’avenir est un contrat à durée déterminée ou indéterminée à destination des 16-25 ans, destiné aux jeunes peu ou pas diplômés. « Au total, 95.000 emplois d’avenir pourront être conclus en 2014, permettant de prolonger les contrats des jeunes embauchés pour un an et d’embaucher 70.000 nouveaux jeunes en 2014 », a indiqué le ministre.

Cette augmentation devrait coûter au gouvernement près de 500 millions d’euros jusqu’en 2017. Promesse de l’ancien ministre du Travail, Michel Sapin, environ 100.000 jeunes devraient bénéficier de ces contrats aidés en 2013. Dans les détails donnés lors du conseil des ministres, François Rebsamen a annoncé une hausse de 20.000 contrats aidés dits « classiques » c’est à dire les contrats uniques d’insertion.

Le but du ministre est d’atteindre les 400.000 contrats cette année, soit 350.000 dans le secteur non-marchand et 50.000 dans le secteur marchand. Devant la presse, le ministre a expliqué que cette rallonge permettra « de prolonger les contrats des jeunes embauchés pour un an et d’embaucher 70.000 nouveaux jeunes en 2014 ».

Un programme spécifique pour la France

Au même moment, la Commission européenne et le gouvernement français ont lancé mercredi 4 juin un programme national, doté de 424 millions d’euros de fonds européens pour 2014-2015.

Née de l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ) décidée en juin 2013 par le Conseil européen, les fonds seront affectés à des dispositifs déjà existants, comme le contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis), la formation des jeunes en emploi d’avenir ou la « garantie jeunes » actuellement expérimentée dans 10 territoires, a expliqué le ministre du Travail.

Les régions concernées, dont La Réunion, devront « mener trois types d’actions prioritaires : le repérage et le suivi des jeunes décrocheurs, l’accompagnement personnalisé des jeunes en rupture, et l’insertion professionnelle par l’apprentissage, la formation ou l’immersion », a précisé François Rebsamen.

Ce programme devrait concerner près d’un million de jeunes français, catégorisés NEET (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), a annoncé Laszlo Andor, commissaire européen chargé de l’emploi lors du lancement. Toutefois, à La Réunion, également bénéficiaire de ce programme, une particularité persiste.

En effet, lors de sa visite dans l’île en octobre 2013, François Chérèque avait admit la difficulté d’identifier et de répertorier les jeunes classés NEET à La Réunion. Raison pour laquelle, la Garantie Jeune est encore tatillonne, à l’instar des emplois d’avenir financés par les collectivités, dont les budgets ont été réduits par la baisse des dotations de l’Etat.

Céline Tabou

Encadré

Directement alloué aux régions


L’IEJ prend en compte 1a Garantie Jeune, destinée à proposer une solution d’emploi, de formation, de reprise des études ou encore d’apprentissage à l’ensemble des jeunes européens éloignés du marché du travail.

Le programme opérationnel national lancé, le 3 juin, sera complété par plan régional, doté de 196 millions d’euros sur 2014-2015 alloués directement aux régions. Au total, l’enveloppe européenne contre le chômage des jeunes s’élève à 620 millions d’euros, provenant à parts égales de l’IEJ et du Fonds social européen (FSE). Le gouvernement a décidé d’ajouter sa part, à hauteur de 40 millions d’euros.


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