Union européenne

Madrid et Paris maintiennent la pression sur Berlin

Crise en Europe

Céline Tabou / 12 octobre 2012

François Hollande et Mario Rajoy ont font pression sur la chancelière allemande, Angela Merkel, afin qu’elle accepte de mettre en œuvre dès 2013 l’union bancaire décidée au Conseil européen de juin dernier, ce qui sera une avancée jugée décisive pour juguler la crise de la zone euro, selon les deux hommes.

La France, Malte, l’Espagne, l’Italie et le Portugal ont demandé le 5 octobre la mise en place d’un régulateur bancaire unique opérationnel en janvier 2013, ce que l’autorité allemande de régulation financière a repoussé d’un an.
Le sommet européen se tiendra les 18 et 19 octobre afin de trouver une position commune sur la supervision bancaire, la centralisation de la politique budgétaire dans la zone euro, le durcissement des règles de contrôle budgétaire ou la recapitalisation directe des banques par les fonds de sauvetage seront aussi abordés.

France-Berlin : l’opposition

Après s’être entendue sur la question européenne, pendant 5 ans, avec l’ancien chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel a dû faire face en septembre dernier à Ludwigsburg en Allemagne, au nouveau président socialiste. Ces derniers se sont opposés sur la mise en œuvre dès 2013 de l’union bancaire. La chancelière allemande souhaitait « prendre le temps de la réflexion alors que Paris souhaite aller rapidement de l’avant », a indiqué Reuters.
Les banques françaises, soutenues par le gouvernement, ne veulent pas d’un système à deux vitesses favorisant les banquiers allemands « en leur donnant un système plus souple ». « Si on écoute les Allemands, 100% des banques françaises seront contrôlées par la BCE et 10% des banques allemandes. C’est tout à fait inacceptable, le système français a bien fonctionné alors qu’on ne peut pas en dire autant des banques allemandes », a déclaré un banquier français à Reuters. En effet, l’Allemagne souhaite trouver un mécanisme pour que le dispositif final épargne ses banques régionales. Cependant, la France a exprimé son souhait d’ouvrir ce dispositif aux 6.000 banques de la zone euro soient.

Union franco-espagnole

Suite au 21e sommet franco-espagnol, mercredi 10 octobre, François Hollande et Mariano Rajoy ont annoncé leurs convergences sur l’Europe, en demandant que des décisions soient prises pour mettre en place l’union bancaire avant la fin de l’année, lors du Conseil européen des 13 et 14 décembre. « Entre la France et l’Espagne, nous avons la même conception de ce qu’il y a à faire dans les semaines qui nous séparent d’un certain nombre de rendez-vous », a déclaré le président français lors d’une conférence de presse suite au sommet.
Lors du Conseil européen de juin dernier, « des décisions ont été adoptées, nous voulons que ces décisions soient respectées et nous voulons que cela se fasse avant de la fin de l’année », a ajouté Mario Rajoy. "Il n’y a aucune raison pour que ce que nous avons décidé en juin ne puisse pas se faire en décembre", a-t-il indiqué.

 Céline Tabou  


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