Union européenne

Younous Omarjee : "Il faut défendre les RUP mais aussi les faire gagner"

Bilan et perspectives

Céline Tabou / 7 septembre 2013

Le député de l’Alliance des Outremers au Parlement Européen, Younous Omarjee, a évoqué lors d’une conférence de presse la rentrée parlementaire qui s’avère être "atypique". Car celle-ci "entre dans la dernière période avant le renouvellement de 2014" des parlementaires et de l’ensemble des instances de l’Union européenne.



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Suite à la récente visite du commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, Dacian Ciolos à La Réunion…

Lors d’une conférence de presse, le député européen a également établi le bilan de son année de mandature, après la démission d’Élie Hoarau. Il a expliqué qu’il était "l’un des députés les plus actifs", avec 66 interventions dans l’hémicycle, quatre rapports législatifs en tant que rapporteur ou encore 39 propositions de résolutions.

Une rentrée chargée

" Je pense que la période qui s’ouvre aujourd’hui doit obliger les RUP à une excessive vigilance parce que les services ont repris la main ", en raison des élections à avenir et du renouvellement des instances européennes. En effet, " les commissaires seront en partance et dans la bataille électorale, les services reprennent alors le dessus, alors que l’on a des réformes sur la table qui demandent des arbitrages ", a expliqué Younous Omarjee. Il a précié qu’après la visite du commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, Dacian Ciolos à La Réunion, "des décisions vont être prises dans les mois à venir", notamment le POSEI.

Younous Omarjee a indiqué qu’il allait rentrer à Bruxelles, afin de "voir si les engagements pris devant les acteurs réunionnais par Dacian Ciolos allaient être suivis des faits". Pour le député, "la réforme doit être conforme aux engagements", mais aussi examiner lors de cette mandature". Le Programme d’Options Spécifiques à l’Éloignement et à l’Insularité (POSEI) "est le plus important pour la rentrée, car on ne peut pas passer à côté de cette réforme", car "les conséquences tomberont sur toute l’agriculture réunionnaise et de l’ensemble des RUP", a indiqué le député.

Un budget discriminant pour Mayotte

En plus du programme destiné principalement aux RUP, Younous Omarjee a mis en avant le vote du budget 2014-2020, "la bataille a eu lieu sur la recherche d’accord. (...) Ces derniers mois ont été mis à profit pour négocier l’inter-institution pour trouver un accord". Ce dernier a déploré les conditions imposées par le Parlement européen pour pouvoir voter le budget, comme le règlement des dépenses par les États membres. Ce dernier a indiqué que le vote était attendu par l’ensemble des États membres, mais à Mayotte, la situation reste inchangée.

En effet, " il y a une grande injustice et discrimination pour Mayotte ", a dénoncé Younous Omarjee. Ce dernier a déposé un amendement en juillet, demandant que Mayotte soit traitée comme toutes les autres régions de l’Union européenne. En effet, " le Conseil européen a consacré cette inégalité de traitement en attribuant à Mayotte une dotation forfaitaire de 200 millions, soit deux fois moins de ce à quoi Mayotte pouvait prétendre, si elle avait été traitée à l’identique de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion ", avait expliqué le député à cette époque.

Le député a indiqué : "200 millions ce n’est pas acceptable, car on créé un problème d’unité alors que la force des RUP, c’est l’unité". Il a dénoncé la création de "sous catégories de Région, il faut être solidaire des Mahorais, pour conserver cette unité des RUP. D’ailleurs, le président actuel des RUP, Didier Robert, est attendu par le député européen : "on attend de Didier Robert qu’il exprime, en tant que président des RUP et au nom de celles-ci, la solidarité envers les RUP et contre le traitement discriminatoire" subi par Mayotte.

Les RUP prises en compte

Deux points positifs ont été évoqués par Younous Omarjee : la non-réduction du budget allouée aux RUP (hormis Mayotte) et les conclusions des négociations sur la réforme de politique de cohésion. " On a réussi à sauvegarder les crédits au niveau des anciennes programmations. Alors que l’ensemble du budget européen diminue, les RUP ont pu conserver leur budget ", notamment La Réunion avec une enveloppe de 1,9 milliard. Concernant la réforme de la politique de cohésion sociale, Younous Omarjee a affirmé : " on a obtenu des avancées qui n’avaient jamais été obtenues jusqu’ici, comme le mémorandum des présidents des RUP ", qui devra fixer la stratégie des RUP.

Younous Omarjee a souligné que "le parlement européen est devenu le terrain des principales avancées pour les RUP", car "des demandes avancées ont été satisfaites". "La rentrée pour moi sera dominée par le fait que le Parlement européen a décidé à l’unanimité de me confier la rédaction d’un rapport d’initiative sur les RUP" qui sera rendu en décembre. Il s’agit du premier rapport concernant les RUP ce qui est "l’occasion pour nous de faire valoir un certain nombre de principes et d’ouvrir de nouvelles perspectives, car il faut avoir un temps d’avance. Il faut défendre les RUP mais aussi les faire gagner et promouvoir, car il existe encore beaucoup de choses à gagner de la part de l’Union européenne".

Au-delà du rattrapage économique, le député a précisé que les RUP avaient la possibilité d’obtenir des enveloppes dans différents domaines, tels que l’innovation et la recherche, mais aussi les énergies renouvelables. "Il existe des fonds structurels et une politique communautaire correspondant à de nouveaux axes de développement qui peuvent être destinés aux RUP", a-t-il indiqué. Ce dernier souhaite une "synergie et cohérence" entre les fonds, une analyse qui sera mise en exergue dans le rapport du député sur les RUP.

Céline Tabou

"La France est isolée"

Younous Omarjee a indiqué qu’un débat allait avoir lieu mercredi 11 septembre entre l’ensemble des parlementaires européens sur le dossier syrien. "Nous devons avoir conscience qu’on vit un évènement extrêmement grave pour l’équilibre du monde ", a-t-il indiqué. Pour ce dernier , "le respect du droit et notamment du droit international " doit demander un " assentiment général pour une opération militaire ". " La France, si elle veut être fidèle et avoir un raisonnement aurait dû rencontrer les 27 partenaires et tenter une médiation via Vladimir Poutine, lors du G20, afin d’amener Bachar Al-Assad à une réunion à Genève ". Ce dernier a dénoncé les raisons morales et non de droit de la France. "Il faut régler les affaires du monde non pas par la morale, mais par le droit ", a-t-il indiqué.


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