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L’Union plurielle amène Paris et Gaston Flosse à négocier
25 novembre 2004

Les différents protagonistes de la crise politique en Polynésie discutent ensemble autour d’une table depuis mardi. La délégation de l’Union plurielle conduite par Oscar Temaru a d’emblée marqué sa volonté de faire aboutir les négociations sur un accord, afin que le peuple polynésien puisse démocratiquement choisir quels élus auront la responsabilité de conduire les affaires de la Polynésie.
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Les dirigeants de l’ensemble des partis politiques polynésiens ont engagé mardi à Paris des discussions en compagnie du gouvernement afin de tenter de trouver une issue à la crise politique en Polynésie.
L’objectif des discussions ouvertes mardi est d’examiner "les conditions juridiques et légales", de nouvelles élections dans l’ensemble de la Polynésie, dit-on rue Oudinot. Pour la ministre de l’Outre-mer, des élections générales pourraient avoir lieu si l’on va vers un consensus entre les élus polynésiens. Un consensus défendu par le rassemblement vainqueur des élections, l’Union pour la majorité plurielle, dont la délégation est conduite par Oscar Temaru. "Je crois à la bonne volonté des uns et des autres pour trouver une solution pour sortir notre pays de cette crise", a souligné le président sorti des urnes le 23 mai dernier, se disant prêt à discuter sur un compromis. "Je pense que Mme Girardin a une feuille de route, des propositions à nous faire", a-t-il dit avant le début des négociations mardi.
Interrogé quelques heures auparavant sur LCI, Gaston Flosse avait exclu toute idée d’un nouveau scrutin. "Le compromis pour nous, c’est la décision du Conseil d’État", a-t-il affirmé. Il a souhaité "que les choses se passent dans la sérénité et le calme" pendant les discussions.
Rappelons que le 15 novembre dernier, le Conseil d’État a annulé le scrutin dans la circonscription qui donne à l’Assemblée de Polynésie plus de la moitié de ses représentants (37 sur 57).
Dans une première avancée, Gaston Flosse et Oscar Temaru ont publié un communiqué commun appelant à l’apaisement des tensions en Polynésie à l’issue de plus de trois heures de table-ronde en compagnie de la ministre de l’Outre-mer Brigitte Girardin.
"Dans un souci de conciliation et afin de garantir le déroulement serein des travaux qui débutent en ce moment à Paris, l’ensemble des délégations de la Polynésie française participant à la réunion de travail le 23 novembre au ministère de l’Outre-mer, appellent à l’apaisement des tensions en Polynésie", note le communiqué qui précise que "le maintien durable d’un climat apaisé est unanimement reconnu comme indispensable à l’exercice normal de la démocratie locale".
Une avancée considérable quand on se rappelle comment le gouvernement, Gaston Flosse et ses partisans traitaient la question quand le président battu dans les urnes réussit à obtenir un renversement de majorité dans des circonstances peu claires : pas de négociations, pas d’élections, disaient en substance Gaston Flosse et Brigitte Girardin. Mais une mobilisation populaire sans précédent dans le pays et la volonté de dialogue affichée de l’Union plurielle sont passées par là, amenant à la table des négociations le président battu dans les urnes et le gouvernement. Maintenant, les adversaires semblent évoluer dans une autre dynamique, celle de la négociation qui a pour objectif d’aboutir à un consensus pour que les Polynésiens puissent décider démocratiquement de l’issue de la crise.
Les discussions se poursuivent. Aujourd’hui, les délégations rencontrent chacune à leur tour la ministre de l’Outre-mer. Elles seront ensuite à nouveau réunies demain autour de la même table, avec Brigitte Girardin.
Pour le moment, peu d’informations filtrent. On fait tout de même état de tensions, des tensions normales "quand vous avez deux groupes qui ne disent pas les mêmes choses", a souligné Nicole Bouteau, membre de la délégation de l’Union plurielle conduite par Oscar Temaru. Quant à ce dernier, il s’est déclaré "beaucoup plus optimiste" sur l’issue de la crise politique. Il a ajouté "souhaiter rentrer en Polynésie avec une solution et la seule, c’est la dissolution" de l’assemblée de Polynésie, ce qui veut dire de nouvelles élections et la possibilité pour le peuple polynésien de s’exprimer démocratiquement.
Manuel Marchal
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