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8 janvier 2008
Tout le monde le dit : le développement de l’île passe par le tourisme. Mais depuis 15 ans, rien ne semble confirmer cette tendance. Manque d’infrastructures ? Certes, mais les raisons de cet échec sont bien plus profondes...
Aucun œil professionnel ne semblait s’être franchement posé sur Mayotte, du moins de la part des investisseurs “gros calibre”. Des financiers petits et moyens visant la clientèle des hommes d’affaires ont choisi Mamoudzou et son environnement immédiat : entre Longoni et Dembeni, c’est-à-dire une côte envasée où la mangrove est belle... Pourtant, Trevani-Village a joué la carte du tourisme car ses actionnaires ont les moyens d’un investissement à long terme. N’Gouja, sur une belle plage du Sud, seul relève le défi de la brousse, tandis qu’un complexe hôtelier mystérieux est en projet sur la pointe de Koungou... (...) achevé, un bilan palpable dès septembre s’élabore : personne encore n’y croit - à peine les hôteliers sinon les gérants de Trevani et N’Gouja - et pourtant, les TOURISTES ARRIVENT A MAYOTTE ! “Oui, ils sont venus dès le mois de juillet et, entre surprises, petites déceptions et emballements immédiats, l’onde de choc se répercute... La rumeur arrive : MAYOTTE serait en passe de devenir la dernière destination à la mode !”
Une question maintenant : de quand date cet article ? 1985 ? 1990 ? 1995 ? 2000 ? 2005 ? Pour qui lit la presse depuis plusieurs années, la réponse est quasi introuvable. Et pour cause : le développement touristique est certainement le marronnier le plus régulier à Maore. Chaque année, c’est sûr, est la bonne ! Le tourisme va décoller ! Enfin ! Mais jamais les espérances ne sont satisfaites. L’assurance avec laquelle Elisabeth Delaygue Cheyssial annonçait le boom du secteur, dans l’article cité plus haut et intitulé “Tourisme à Mayotte... L’ascension”, montre à quel point les illusions sont grandes dans ce domaine. Nous étions alors en 1991... 2.
Seize ans plus tard, où sont les changements ? N’Gouja et Trevani continuent de se sentir bien seuls, rejoints tout de même par l’hôtel Sakouli en 2002, et par une multitude de chambres d’hôtes de petite taille. Quant au projet de la pointe Koungou, il reste toujours aussi mystérieux. Reste celui, faramineux, des Rovero, mais verra-t-il le jour avec la résistance des habitants de Mtsamboro ? La dernière enquête sur les flux touristiques à Maore réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dresse un constat douloureux : « Entre 2005 et 2006, la fréquentation touristique de l’île a chuté de 20% ».
(Source : Kashkazi)
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