APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Glissement de terrain en Ouganda
5 mars 2010

Plus de 80 personnes ont été tuées et au moins 400 sont portées disparues à la suite du glissement de terrain qui a emporté dans la nuit de lundi à mardi trois villages du district Bududa dans l’Est montagneux de l’Ouganda, selon un nouveau bilan fourni mercredi par la Croix Rouge ougandaise.
À la suite de pluies torrentielles tombées sur cette région proche du Mont Elgon (qui culmine à 4.321 mètres d’altitude), près de la frontière avec le Kenya, des rivières de boue ont balayé les villages de Bukalasi, Bumayoka et Nametsi, recouvrant notamment, dans cette dernière localité, un marché et un centre de soins. Une centaine de personnes qui avaient trouvé refuge dans un petit centre commercial ont été ensevelies, a précisé la Croix-Rouge. Seul 31 survivants ont été retrouvés et il reste peu d’espoir d’en retrouver d’autres. Les autorités ont mis en garde contre le risque d’autres mouvements de terrain en raison de la persistance des pluies.
« La plupart des régions du pays ont connu des niveaux de pluie supérieurs à la normale... et c’est ce phénomène El Nino, toujours actif, qui atteint aujourd’hui son point culminant », selon le gouvernement ougandais. Phénomène climatique pour lequel ce pays d’Afrique centrale avait émis en octobre 2009 une alerte valable jusqu’en mars 2010. La partie orientale du pays est régulièrement victime de glissements de terrain, de même que la région des montagnes Rwenzori, dans l’Ouest. En 2007 et 2008, des dizaines de milliers de personnes habitant dans le Nord du pays avaient été contraintes de quitter leur domicile. En 1997, d’importants glissements de terrains avaient déjà eu lieu dans le district de Bududa, qui avaient fait 47 victimes et des dizaines de milliers de déplacés.
Déforestation et phénomène climatiques extrêmes
Cette région subit une pression démographique importante, et les paysans cultivent sans corriger la pente des montagnes. Le taux de natalité insoutenable dépasse les sept enfants par femme, et a entraîné une sur-occupation des terres, ainsi qu’une totale déforestation. Rien ne retient les plantations qui se succèdent jusqu’au sommet des collines ; ni arbres, ni terrasses, ni talus. Et les habitants construisent leurs maisons en milieu de pente, pour rester proches de leurs champs.
La Réunion connaît elle aussi une forte démographie, une urbanisation galopante. Elle connait des fortes pluies ainsi que des phénomènes climatiques extrêmes. L’île détient tous les records du monde de pluies pour des périodes comprises entre 12 heures et 15 jours. Sa nature montagneuse, ses fortes pentes et ses ravines accentuent l’érosion et la descente des terres vers la mer. Seulement 21% de sa surface ont des pentes inférieures à 10%. L’agriculture occupe 1/5 de la surface dont environ 60% sont occupées par les plantations de cannes à sucre. Ce faible pourcentage d’occupation s’explique essentiellement par l’importance du massif montagneux qui occupe la majeure partie de l’île. Il est en partie couvert de forêts primaires et secondaires qui représentent plus du tiers du territoire (1).
Risque de mouvements de terrains
En raison de l’intensité des précipitations et de la nature du relief de l’île, La Réunion est sujette à de nombreux mouvements de terrain, notamment au niveau des remparts et dans les cirques. Les chutes de blocs et les éboulements sont par exemple malheureusement fréquents sur la route du littoral, la route de Salazie et celle de Cilaos. Plus rares, les éboulements de très grande ampleur (50 millions de mètres cubes pour l’effondrement du rempart de Mahavel-Saint-Joseph en 1965) peuvent être catastrophiques, comme ce fut le cas à Grand Sable–Salazie (encadré). Le dernier éboulement de grande ampleur avait eu lieu vendredi 24 mars 2006 à 05h30, sur la route du Littoral, à l’entrée de La Possession. Près de 20.000 mètres cubes de roches s’étaient déversés sur les 4 voies de la route, tuant 2 personnes.
Lutte contre l’érosion
Le risque de coulée de boue à La Réunion tel qu’en Ouganda est réduit par différents facteurs. Les Plans de prévention des risques (PPR) délimitent les zones exposées aux risques naturels et définissent les mesures de protection à mettre en œuvre : interdiction d’occupation humaine permanente, préservation des capacités d’écoulement des crues. Les cultures, surtout celles de la canne, servent de couvertures végétales maintenant le sol tant par leurs couvertures aériennes que par leurs systèmes racinaires. Certains agriculteurs, conscients du problème de l’érosion, mettent en place des dispositifs anti-érosifs afin de limiter les effets de l’érosion dans leur surface. Ils utilisent notamment le système de plantation en courbe de niveau : ils cultivent perpendiculairement à la pente en empêchant les eaux pluviales de descendre vers le bas. Un terrassement peut être réalisé par des accumulations de déchets végétaux ou de fascines.
Un plan d’endiguement à l’échelle de l’île
Une autre solution est l’endiguement des ravines et rivières. Actuellement, seule la rivière des Galets est endiguée jusqu’à son embouchure. En 2007, les dégâts infligés par les pluies cycloniques aux ouvrages de l’endiguement ont d’ailleurs rappelé la pertinence de cet investissement.
Le principal souci de l’Alliance est de mettre La Réunion du million d’habitants à l’abri de la montée des eaux. Les candidats préconisent l’endiguement des 500 ravines de l’île, et le remplacement des radiers par des ouvrages d’art.
La création d’un syndicat mixte d’aménagement et d’équipement permettrait de mettre en œuvre des plans d’endiguement et une meilleure gestion des financements.
1- INSEE-Réunion - TER 2010
L’éboulement catastrophique de Grand Sable
Dans le cirque de Salazie, le hameau de Grand Sable se situait au pied du Gros Morne et comptait 65 habitants. Le 26 novembre 1875, un gigantesque éboulement de 5 km de long, 2 de large et de plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur déferla sur le village, tuant 63 personnes. Cet événement tragique est le plus meurtrier à La Réunion.
Source : http://www.onf.fr/la-reunion/sommaire/mediatheque/@@display_advise.html?oid=IN000000017c
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