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Directive sur l’utilisation des pesticides : intervention de Madeleine de Grandmaison
15 janvier 2009
Lundi au Parlement européen, la Députée Madeleine Jouye de Grandmaison est intervenue pour rappeler la vulnérabilité des îles aux produits chimiques dont les effets sur le long terme sont mal connus. À La Réunion, l’épandage massif d’insecticides chimiques a ajouté la catastrophe écologique à la crise sanitaire et économique.
La Députée Madeleine Jouye de Grandmaison est intervenue en session plénière du Parlement européen, réuni à Strasbourg ce lundi 12 Janvier, durant le débat sur les futurs rapports qui viendront réguler l’utilisation et la vente de pesticides dans l’Union européenne visant à instaurer un cadre d’action communautaire pour parvenir à une utilisation durable des pesticides.
Les objectifs et finalités de ces directives visent outre l’établissement de règles applicables à l’approbation des substances actives, à : 1) assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale, ainsi que de l’environnement ; 2) renforcer les contrôles portant sur l’utilisation et la distribution des pesticides ; 3) réduire les concentrations de substances actives nocives, notamment en remplaçant les plus dangereuses d’entre elles par des substituts (y compris non chimiques) plus sûrs.
20% des sols de Martinique pollués
Prenant la parole, Madeleine de Grandmaison a tout d’abord rappelé que « s’il est vrai, comme la Commission le dit, que les pesticides viennent à concerner la Politique Agricole Commune ; il n’en demeure pas moins qu’une telle directive doit viser et avoir comme base juridique l’environnement et la santé publique ». Elle a insisté sur le fait que l’envergure d’une telle directive « ne peut être réduite à un simple problème d’harmonisation du marché commun ou de compétitivité ».
Dans cette optique, elle a évoqué le cas des Régions Ultra-Périphériques françaises en précisant que « dans le cas de la Martinique, 20% des sols sont pollués, pour une durée indéfinie, par la molécule de chlordécone à rémanence non connue. Molécule qui a pollué non seulement les sols, mais aussi les eaux de surface, certaines nappes phréatiques et les eaux marines côtières. Molécule qui a posé un problème de santé publique ». Elle a conseillé au Parlement l’étude du cas de la Martinique que la France connaît bien.
Vigilance sur la traçabilité
La Députée a aussi rappelé qu’il est « indispensable que cette directive vise à réduire fortement l’utilisation de pesticides chimiques, notamment par la promotion de solutions alternatives durables comme l’agriculture biologique et les bio-pesticides », n’oubliant pas de rappeler les ravages que les pesticides causent sur la faune et singulièrement sur les abeilles.
Pour conclure son intervention, elle a tenu à souligner, en référence à la banane, la « vigilance à garder sur les produits de libre-échange, en particulier les produits agricoles en provenance de pays ne faisant pas l’objet de rigueur en matière d’utilisation de pesticides ».
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