Accueil du site> Di sak na pou di
2 avril 2007
Je t’ai regardé, je ne t’avais jamais vu aussi bien habillé, les tiens tenaient tant à t’avoir dans tes meilleurs atours. Et je suis arrivé, tous ceux là, qui faisaient ta vie, rythmaient ta fierté, donnaient du sens à ton engagement, à ta militance étaient là. Je lisais sur leur visage ton manque, tu étais parti, les laissant à leur solitude. Je ne te reconnaissais plus, la maladie cette pûtasserie avait fait son œuvre. Ainsi la sagesse populaire, ce mille feuilles des expériences de ceux qui nous avaient précédés livraient sa vérité. Du berceau au dernier soupir chacun de nous se couche dans les bras de la mort. Et je me souviens, dans tes soixante ans de vie, tu m’en as fait une place de vingt cinq ans. A chacune de nos rencontres, nous étions toujours dans des projets, qu’ils soient de formation, d’habitat ou d’aménagement, tu trouvais les ficelles pour que ceux qui tiennent les cordons de la bourse trouvent le nécessaire. Région, Département, Commune, Etat, Europe, bailleurs sociaux, tu arrivais à partager tes arguments pour en faire les leurs. Tu n’as jamais eu de cesse à mettre en contact tes personnes ressources et ceux qui en avaient le besoin. Tu étais la bonhomie même, jamais je ne t’ais entendu élever la voix, avec toi, tout s’arrangeait. Pour les tiens tu ne comptais jamais ton temps, ta fierté fût d’acquérir ses diplômes qui t’ouvraient des horizons nouveaux. Les décennies données à l’A.P.R., la Réunion profonde comme moi nous ne l’oublierons jamais. Avec elles nous avons la douleur de parler maintenant au temps passé de ces temps passés et pour l’A.P.R. et pour toi. De ces réseaux tissés, des projets accompagnés. Micaud, ou plutôt Jean Maurice tu vas me manquer, les autres diront nous manquer. Mais notre foi commune me commande de préciser cette antienne que chaque juif se passe les uns aux autres « à l’année prochaine à Jérusalem qui ne pourra l’être que céleste selon l’auteur le livre de l’Apocalypse... »
Alex Maillot
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).