Que dire, que faire face à l’immobilisme ?

25 mai 2009

L’Homme reste un loup pour l’Homme. Lorsqu’on lit les journaux, qu’ils soient régionaux ou nationaux, on se pose la même question quant à notre devenir.
Je suis frappé d’entendre des femmes comme des hommes qui font l’actualité clamer haut et fort : « Il faut faire comme ci ! Il faut faire comme ça ! ». Des conseils, on en a plus qu’il n’en faut.
Alors, je me pose toujours cette question : « Et si on faisait notre propre révolution culturelle ? ». Mao a peut-être eu raison de faire la sienne. En partie. Il a constaté que les technocrates dirigeaient tout, mais ils étaient coupés de la réalité du quotidien ! Pour ma part, j’ai rencontré, ces temps-ci, beaucoup de ces technocrates. Je riais en moi-même pour ne pas exploser : eux aussi sont complètement coupés du monde. On a l’impression qu’ils ne vivent pas sur Terre, ici à La Réunion, tellement ils voguent à mille lieues du plancher des vaches, de leur île. La misère, les exclus, les créations industrielles ou artistiques ne sont pas leur tasse de thé. Ils en sont complètement déconnectés. Ils utilisent un langage codé. Manque d’intérêt ?
Il est même une personne, pourtant chargée de financer des spectacles, qui a osé me dire : « Moi, je fais mes huit heures par jour... et je rentre à la maison ».
- « Mais… vous ne voyez pas les spectacles ? », lui ai-je demandé, abasourdi.
- « Non », m’a-t-elle avoué. « J’envoie des amis. Ils me font un compte-rendu. Cela me sert de base de travail ».
Heureusement que tout le monde n’a pas cette vision étriquée et je m’enfoutiste des choses ! Ces gens-là, eux, prennent leurs fonctions très au sérieux, pourtant…
Que dire ? Que faire ? Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous…
Que ne pas dire ? Que ne pas faire ? Ce serait faire le jeu de leur immobilisme.
Dans le cadre de ces Etats généraux, il serait bon que, lorsque des acteurs économiques, culturels déposent un dossier de demande de subvention, ils ne trouvent pas en face d’eux des robots, mais des êtres pleins de sensibilité, comme devrait l’être tout être en chair et en os vivant.
Eh oui, les temps ont changé ! En plus de 40 ans d’administration, j’ai toujours analysé la situation. Souvent, je me suis mis dans la peau de mon interlocuteur, pour mieux le comprendre, avant de prendre une décision.
Une des priorités de ces Etats généraux, ce serait de commencer par casser tous les blocages dans toutes les administrations. L’administration, c’est un Etat dans l’Etat. Peut-être verrions-nous alors plus clair dans les directions à prendre pour le développement de notre pays ? Pas plus compliqué que ça !…

Marc Kichenapanaïdou


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