Accueil du site> Politique> Politique
Ce que le président de la République aurait pu dire le 19 janvier à Saint-Denis
Lutte contre la vie chère
27 janvier 2010
Deux mois après le Conseil interministériel sur l’Outre-mer, le président de la République est venu à La Réunion pour présenter ses vœux à l’Outre-mer. Il n’a pas donné de calendrier d’application alors que dans le discours distribué à la presse avant son intervention, il disait que 2010 doit être l’année qui servira « à mettre en place les nombreuses mesures que nous avons collectivement conçues dans tous les domaines ». Aucun calendrier d’application n’a été annoncé. Or, dans les 137 mesures décidées par le Conseil interministériel, plusieurs auraient déjà pu être mises en œuvre rapidement par les services de l’État, éclairage…
Dans ses décisions, le Conseil interministériel sur l’Outre-mer (CIOM) veut lancer une étude pour changer la chaîne d’approvisionnement dans les DOM. L’objectif est de diminuer les coûts engendrés par les marges prélevées par les intermédiaires entre le producteur et le consommateur.
Le 18 février 2009, le secrétaire d’État à l’Outre-mer avait saisi l’Autorité de la concurrence afin d’enquêter sur une des causes de la crise sociale, la vie chère. Le 24 juin 2009, l’Autorité de la concurrence rendait un premier avis concernant les prix des carburants, suivi deux mois plus tard d’un second sur la question des prix dans la grande distribution. À la publication de son avis, voici ce qu’écrivait notamment l’Autorité de la concurrence : « Dans les DOM, la petite taille des marchés et leur éloignement des principales sources d’approvisionnement sont des obstacles naturels à l’obtention de prix comparables à ceux observés en Métropole. (…) Cependant, ces spécificités ne suffisent pas à expliquer l’importance des écarts de prix constatés entre la Métropole et les DOM pour les produits de grande consommation. Ainsi, selon les relevés effectués sur un échantillon (1) d’environ 75 produits importés de Métropole dans les quatre DOM, les écarts de prix en magasin avec la métropole dépassent 55% pour plus de 50% des produits échantillonnés, un pourcentage trop élevé pour trouver exclusivement sa source dans les frais de transport et l’octroi de mer. Surtout, l’Autorité identifie dans son avis plusieurs particularités des circuits d’approvisionnement des marchés domiens permettant aux opérateurs de s’abstraire partiellement du jeu concurrentiel, seul capable de faire baisser les prix en faveur du consommateur domien ».
Rendu public durant les États généraux, cet avis de l’Autorité de la concurrence allait renforcer les arguments de tous ceux qui plaident pour un changement structurel du mode d’approvisionnement et de distribution.
Le pouvoir central a pris en compte cette réalité. Outre le soutien à des propositions visant à la promotion de la production locale pour diminuer les importations tout en créant des emplois, le Comité interministériel propose donc de lancer des études pour déterminer de fait comment il est possible de baisser les prix.
Deux mois après cette décision, quel est le niveau d’avancement de ces études ? Quand le résultat de ces études sera-t-il connu ?
M.M.
(1) « La finalité de ces relevés effectués par la DGCCRF à la demande de l’Autorité étant d’appréhender, de manière indicative, les différentiels de prix en magasin entre les DOM et la Métropole pour des produits importés, les échantillons de produits utilisés ne sont pas représentatifs de la consommation des ménages domiens et n’ont pas vocation à être extrapolés afin de comparer de manière générale les niveaux des prix des produits de grande consommation dans les DOM et en Métropole. »
Le 6 novembre 2009, le Conseil interministériel sur l’Outre-mer annonce ceci :
Mutualiser la logistique approvisionnement-stockage des marchandises. « L’Autorité de la concurrence a souligné la complexité de la chaîne d’approvisionnement dans les DOM, qui fait intervenir de nombreux acteurs, chacun prélevant une marge. Il est décidé d’étudier la création de centres uniques d’approvisionnement et de stockage pour mutualiser les coûts et permettre l’entrée éventuelle sur les marchés de nouveaux concurrents ».
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).