La Réunion dans "Témoignages"

Des producteurs ruinés par la mondialisation des échanges

La crise du géranium

Manuel Marchal / 7 septembre 2007

"L’échéance 75" signifie pour La Réunion une plus grande intégration dans la Communauté économique européenne. Pour l’agriculture réunionnaise, cela signifie une plus grande intégration à la plus ancienne politique commune européenne : celle de l’agriculture.
À cette marche vers l’échéance 75 coïncide la crise du géranium.

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Cette culture était pourtant présentée comme une chance de diversification de l’agriculture réunionnaise alors que la filière canne-sucre était en pleine phase de concentration, laissant des milliers de planteurs sur le côté. Mais depuis déjà un moment, les producteurs de géraniums sont touchés de plein fouet par l’impact de la mondialisation des échanges.
Jouant leur survie, ils manifestent, soutenus par des élus réunionnais. Mais sans prise en compte de la spécificité de la filière réunionnaise, comment ces producteurs pouvaient-ils vendre le fruit de leur travail ? La concurrence provenait notamment de pays à plus faibles coût de production.
Malgré tous les combats, la filière géranium a décliné, elle n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été.
Cet exemple doit amener à réfléchir sur ce qui peut arriver si la spécificité de La Réunion n’est pas reconnue dans les négociations des Accords de partenariat économiques qui doivent être signés à la fin de l’année.
Car ces accords vont lier l’Union européenne, dont La Réunion fait partie, aux pays ACP. Ces derniers exportent les mêmes produits tropicaux que La Réunion. Si la spécificité de La Réunion n’est pas inscrite dans ces accords, alors ce qui est produit dans notre île entrera en concurrence directe avec ce qui vient de Maurice, Madagascar ou la Tanzanie. C’est un grand danger qui menace tous les producteurs réunionnais, et le précédent de la filière géranium montre que cette menace peut devenir une réalité.

M. M.