La Réunion dans "Témoignages"

Reconnaître nos spécificités

L’intégration de La Réunion dans l’économie mondiale

Manuel Marchal / 11 septembre 2007

En 1987, La Réunion prépare l’échéance 92, c’est-à-dire son entrée dans le marché unique européen. La question essentielle est de savoir quels seront les moyens qui empêcheront la ruine des producteurs réunionnais face à l’intégration dans cet ensemble économique composé de pays bien plus développés que La Réunion.

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La reconnaissance de nos spécificités au sein de ce large ensemble est le mot d’ordre, et des propositions devaient être faites avant la fin de l’année à la Commission européenne. De retour des Journées des DOM à Bruxelles, Paul Vergès faisait le point sur cette bataille :
« Les six mois à venir sont donc décisifs », déclare Paul Vergés. « Le dialogue et l’action engagée doivent continuer. Nous ne devons avoir ni illusion, ni résignation face à la mort annoncée ; on ne réglera les problèmes ni par les coups de coeur ni par les coups de gueule. Nous ne devons pas nous prendre pour le nombril de la CEE mais II ne faut pas accepter la marginalisation. La bataille à venir sera très difficile. Nous devons constituer un bloc uni à la Réunion même et entre les quatre DOM afin d’adopter une position commune pour défendre nos Intérêts et nous protéger devant le danger Immense du marché unique européen. C’est déjà très tard mais c’est à nous de faire en sorte qu’il ne soit pas trop tard. Seule la lucidité nous fera franchir le danger » a conclu Paul Vergés.
Cette lutte a permis notamment de déboucher sur la reconnaissance de nos spécificités au sein du traité de l’Union européenne : c’est l’article 299-2 du Traité d’Amsterdam.
Vingt ans plus tard, La Réunion est pleinement concernée par une autre bataille : celle de la reconnaissance de ses spécificités au sein des Accords de partenariats économiques entre l’Union européenne et les pays ACP. Cette fois-ci, il ne s’agit plus seulement d’une intégration au niveau d’un ensemble régional, mais au niveau mondial. Tout doit être signé avant la fin de l’année.
Autrement dit, l’heure est plus que jamais à la mobilisation, en ayant à l’esprit que si la défense de l’intérêt général est portée par un large rassemblement, la revendication est prise en compte.