APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
15 juillet 2009

Le Directeur de l’usine de Bois-Rouge, suite à l’annonce par le Premier ministre de l’augmentation de la prime bagasse, affirme que la canne est un « accélérateur de GERRI » qui va permettre « d’enclencher la deuxième phase de développement stratégique pour toute la filière », ce qui signifie que la filière canne veut désormais s’engager dans la culture d’une nouvelle variété de canne, la « canne à bagasse », plus ligneuse, en vue de produire de l’électricité. Le secteur de l’agro-industrie prépare donc l’après-sucre en misant sur l’agro-énergie : bagasse et agro-carburants.
Pour les Verts, la revalorisation du prix de la bagasse est parfaitement justifiée au regard de l’injustice que subissaient les planteurs, mais ça ne lève cependant pas l’ambiguïté du projet des usiniers de réorienter la filière vers le secteur énergétique. La reconversion de la culture cannière pose une question essentielle : sommes-nous réellement dans le développement durable ?
Certes la bagasse est considérée comme une énergie renouvelable dont le bilan carbone est neutre, ainsi, selon les chiffres de l’Observatoire de l’énergie de La Réunion, en 2007, ce résidu a permis, en évitant de recourir à des énergies fossiles, d’éviter l’émission de 342.649 tonnes de CO2. En ce sens, il apparaît bien comme une alternative « vertueuse ».
Cependant, le fait de cultiver la canne pour en extraire la bagasse n’est pas neutre sur le plan des émissions de gaz à effet de serre : les modes de transports (tracteurs, cachalots), la mécanisation, le pompage de l’eau d’irrigation, l’utilisation d’engrais, etc… génèrent du CO2. Si on intègre les émissions de gaz liées aux activités de culture de la canne et d’extraction de la bagasse, ces 342.649 tonnes de CO2 évitées doivent être nettement revues à la baisse. L’évolution de la filière canne vers un débouché purement énergétique va se traduire par l’accentuation du productivisme. Le PASER 2008/2010 (Plan d’Action Stratégique de l’Etat à La Réunion) prévoit explicitement pour la filière canne une mécanisation accrue, un accroissement de l’irrigation et le recours à toujours plus d’engrais.
C’est pourquoi les Verts demandent, avant tout choix engageant l’avenir, la réalisation d’un audit, totalement indépendant du lobby cannier, afin de connaître objectivement le bilan carbone de la production locale de bagasse. Les Verts préconisent la conversion écologique de l’économie, c’est-à-dire la transition des activités destructrices de l’environnement vers des activités inscrites dans le développement durable. L’agriculture est concernée au premier chef, notamment à La Réunion où l’autosuffisance alimentaire est une nécessité. La relocalisation de la production agricole, dans le but de d’abord nourrir les hommes, est une priorité du Développement Durable.
Pour les Verts Réunion,
Le porte parole, Jean-Pierre Marchau
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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