« La moitié des ménages des départements d’outre-mer avaient un revenu disponible par unité de consommation (uc) inférieur à 9.600 euros en 2006 (9.445 euros à La Réunion). Ce revenu médian, globalement identique à La Réunion, en Guadeloupe et en Guyane, est de 38 % inférieur à celui des ménages métropolitains. Mais cet écart s’est partiellement résorbé depuis 10 ans. Les disparités de revenu, entre les plus aisés et les plus modestes, sont également plus fortes dans les DOM.
Les structures démographiques et le marché de l’emploi expliquent en partie les différences de revenus entre les DOM et la Métropole. La taille des ménages, plus grande dans les DOM, le nombre important de ménages complexes (cohabitation de plusieurs générations ou présence de personnes isolées sans lien de parenté dans le logement) et de familles monoparentales, plus fragiles économiquement, conduisent mécaniquement à diminuer le revenu par unité de consommation. Par ailleurs, les caractéristiques du marché du travail domien ne sont pas favorables, avec une forte proportion d’inactifs, un taux de chômage important, des catégories socioprofessionnelles moins aisées, beaucoup de petites et moyennes entreprises où les salaires sont plus faibles.
La répartition des ressources des ménages diffère également selon l’origine géographique. Si la part des revenus d’activité est identique entre La Réunion et la Métropole (environ 60 % des ressources), celle des retraites est sensiblement inférieure (12 % à La Réunion, 15 % dans les DOM, 25 % en Métropole) du fait de la jeunesse de la population et du faible montant des retraites. En revanche, les prestations familiales, les minimas sociaux et les allocations chômage représentent une part plus importante dans les DOM (22,2% à La Réunion, contre 9% en métropole). »
De plus grandes inégalités à l’intérieur de la société
L’inégalité de revenu ne se mesure pas seulement entre La Réunion et la France mais aussi à l’intérieur de chaque société. En France, les 20% les plus riches ont un revenu moyen qui correspond à 2,2 fois celui des 20% les plus pauvres. Dans les DOM, le différentiel est de 3,2.
« Dans les DOM, les ménages appartenant aux 20 % les plus riches ont un revenu plancher par unité de consommation 3,2 fois supérieur au revenu plafond des ménages dans les DOM, les ménages appartenant aux 20 % les plus riches ont un revenu plancher par unité de consommation 3,2 fois supérieur au revenu plafond des ménages appartenant aux 20 % les plus modestes. Ce rapport est de 2,2 en Métropole mais de 4,1 en Guyane.
Ces différences avec la Métropole s’expliquent en partie par des différences dans les structures démographiques, une moindre qualification des emplois et un taux d’emploi plus faible outre-mer. Mais elles sont aussi liées à des spécificités propres aux départements d’outre-mer : retraites et revenus du patrimoine plus faibles, plus grande part des petites et moyennes entreprises, spécificités du marché du travail ».
La répartition des revenus
« En 2006, les ressources des ménages métropolitains sont principalement constituées de revenus d’activité (60%), de retraites (25%), de prestations familiales (5%) et de revenus du patrimoine (5%).
Dans les DOM, la part des revenus d’activité dans les ressources est identique à celle de la Métropole, mais celle des retraites est sensiblement inférieure (15%). En revanche, les minima sociaux (6%), les prestations familiales (8%) et dans une moindre mesure les allocations chômage (4%), représentent une part plus significative qu’en Métropole. »
























