Santé vie pratique

A la recherche des kératoses solaires

Destination santé

Témoignages.re / 21 octobre 2013

D’une manière générale, la consultation chez un dermatologue ne fait que trop rarement partie des priorités de santé. Notamment après 50 ans, alors que c’est justement le moment où de petites tâches rugueuses apparaissent sur le visage, les mains ou le cou… Elles traduisent ce que les spécialistes appellent une kératose solaire. Explications.

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Le Pr Nicole Basset-Seguin, cancérologue à l’hôpital Saint-Louis de Paris, nous explique que « les kératoses solaires sont des lésions cutanées liées à l’exposition solaire. Elles apparaissent sur le visage, le crâne, les avant-bras, le dos de la main. Le problème c’est que dans certains cas, elles peuvent se transformer en cancers cutanés ». Ces lésions se présentent sous la forme de petites taches brunes ou jaunes sur fond rougeâtre, de moins d’un centimètre de diamètre. Elles sont rugueuses au toucher. Cette maladie plus fréquente après 50 ans concerne en majorité des personnes à peau claire, ou qui ont été exposées au soleil au long cours. Chez les plus de 60 ans, la fréquence de cette maladie oscille entre 19% et 24%.

Objectif, prévenir le passage au stade cancéreux

La kératose doit être perçue comme un signal d’alarme. Elle indique en premier lieu que le capital soleil commence à s’épuiser, et elle traduit un excès d’exposition. Pour se prémunir de la kératose, mais aussi des risques de cancers cutanés, quelques mesures de protection s’imposent : chapeau, vêtements adaptés, crème solaire à indice élevé.

« Si le risque de voir ces lésions évoluer en cancer est plutôt faible, on sait que plus de 85% des carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) se développent à partir d’une kératose », explique le Pr Basset-Seguin. « En outre, plus les lésions sont importantes et nombreuses, plus les risques de cancer sont importants ». Mais comme il est impossible de prévoir quelle kératose évoluera en cancer de la peau, il est impératif de détecter précocement toute lésion, pour en assurer un suivi rigoureux.

Le choix du traitement est fonction de plusieurs paramètres : le nombre de lésions, leur aspect, leur localisation. « Il faut appréhender la kératose comme une maladie chronique. La présence de lésions multiples et une peau très abîmée induisent des récurrences régulières. La majorité des traitements donnent de 60% à 80% de succès. Mais certaines études font état d’environ 20% de récidive au bout d’un an », indique Nicole Basset-Seguin . « Après le traitement, les patients doivent continuer à se surveiller ! C’est capital pour déceler les éventuels passages au stade de cancer ».

©Agence de Presse Destination Santé-2013


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