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Acné sévère : traitez sans attendre

Destination santé

Témoignages.re / 21 septembre 2013

En France, un patient de 15 à 34 ans souffrant d’acné sévère sur six n’est pas traité. Or, la maladie dans cette forme sévère ne se limite pas à quelques boutons disgracieux.

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Elle crible en effet de cratères le visage, le cou, le thorax et encore le dos, laissant des cicatrices parfois irréversibles. Pour ces malades jeunes, l’impact psychologique est considérable et bien souvent sous-estimé par l’entourage. « Il faut consulter », leur lancent les dermatologues. Car des solutions existent bel et bien.

Dégradation de l’image de soi.

Dans sa forme sévère, l’acné est une atteinte à l’image de soi. A tel point que « les symptômes dépressifs sont significativement plus fréquents chez les patients acnéiques — garçons et filles confondus — que chez les autres : 20% à 51%, au lieu de 14% à 20%. C’est ce qu’a montré une étude suédoise réalisée en 2008 ».

Trop de patients pas traités.

Malgré le retentissement de cette maladie, une forte proportion de patients n’est donc toujours pas prise en charge. Une enquête CSA Santé réalisée en 2012 auprès d’un panel de 10.084 Français montre que cette proportion s’élève à 38% pour l’ensemble des acnéiques. Et 17% parmi ceux qui souffrent d’une forme sévère.

Ces chiffres alarment les dermatologues, comme le Pr Pierre Wolkenstein, de l’Hôpital Henri-Mondor de Créteil. « Le fait de ne pas traiter l’acné sévère est une perte de chances pour les patients ». Le Pr Jean-Michel Amici, de Cenon près de Bordeaux, est préoccupé que « des acnés sévères, susceptibles de laisser des cicatrices et d’engendrer des perturbations de l’image sociale et de la confiance en soi, ne soient pas traitées ».

Délais !

Les freins qui s’opposent à cette prise en charge sont nombreux. Le Dr Wolkenstein met en avant des « délais de rendez-vous trop longs » qui découragent les patients. Il observe aussi un certain fatalisme de la part des malades, dans un contexte où la maladie est bien souvent sous-estimée par l’entourage : « une personne sur quatre nous dit que les traitements ne fonctionnent que temporairement. Et un patient sur cinq est persuadé qu’ils sont totalement inefficaces. C’est faux. Nous avons aujourd’hui des stratégies de prise en charge très efficaces ».

Quels traitements ?

Il cite ainsi l’isotrétinoïne, une molécule qui n’est indiquée que dans le traitement des acnés sévères. Comme le rappelle l’ANSM, « elle ne doit être prescrite qu’en cas d’échec des traitements classiques, notamment ceux associant un antibiotique par voie orale et un traitement local ». Dans ses recommandations de bonnes pratiques basées sur des études cliniques, l’ANSM revient d’ailleurs sur cette question. « Il est important de rappeler que la guérison des acnés sévères par l’isotrétinoïne se traduit le plus souvent par une amélioration de la qualité de vie et des conséquences psychologiques qui découlent de l’acné », explique-t-elle. Autrement dit, le patient a plus à perdre à ne rien faire qu’à consulter…

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