Santé vie pratique

Addiction au jeu : les sénateurs sont inquiets…

Témoignages.re / 8 février 2010

L’ouverture à la concurrence du secteur des jeux en ligne fera-t-elle exploser le nombre d’addicts en France ? Les parlementaires le craignent et déplorent « une insuffisance patente des études » réalisées sur ce sujet dans notre pays. « L’offre de jeux et la plus grande facilité de l’accès au jeu susciteront une plus grande addiction, que les pouvoirs publics ont le devoir de prévenir, de contenir et de soigner beaucoup mieux qu’ils ne l’ont fait jusqu’ici », alerte le Sénateur François Trucy (UMP – Var). Il est en effet le rapporteur du projet de loi relatif à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne.

De quoi s’agit-il ?

« L’addiction est un phénomène connu et mesuré lorsqu’elle est liée à des drogues, mais beaucoup moins bien cernée en l’absence de substances toxiques », poursuit-il. Face aux lacunes françaises en la matière, c’est dans un travail suisse qu’il a trouvé une « définition pertinente » du processus de jeu pathologique. « Chez la plupart des personnes concernées, le parcours de la dépendance depuis son apparition jusqu’à sa guérison est, dans les grandes lignes, le même ».

La « carrière du joueur », selon lui, comporte trois phases : une première phase positive — la phase de gain — suivie d’une phase critique d’accoutumance — ou phase de perte — et d’une phase de dépendance. Cette dernière porte le nom explicite de phase de désespoir. « Un gain d’importance — en regard des revenus ordinaires du joueur — peut être l’élément déclencheur d’un jeu problématique », souligne-t-il. « Au cours de la phase de jeu intensive, l’aspect principal est le rattrapage des dettes que le joueur a contractées à cause du jeu ».

L’urgence d’une prise de conscience politique

« A ce jour, notre pays ne dispose d’aucune donnée sur le nombre de joueurs pathologiques », enchaine François Trucy. Alors que le marché va s’ouvrir aux jeux et paris en ligne, la France ne serait donc pas prête à prévenir le phénomène. Et moins encore à prendre en charge ses dépendants… Il n’existe d’ailleurs qu’un seul centre spécialisé en la matière, basé au CHU de Nantes.


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