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AVC comme… « Agir Vite pour le Cerveau » !

Destination santé

Témoignages.re / 29 octobre 2009

Chaque année en France, 130.000 personnes sont frappées par un accident vasculaire cérébral (AVC). Parmi elles, 40.000 décèderont et 30.000 resteront lourdement handicapées. Fréquent, l’AVC ne constitue pas pour autant une fatalité. En revanche, il s’agit toujours d’une urgence médicale absolue. La Société française neuro-vasculaire (SFNV), les associations de patients (France AVC notamment) et le Ministère de la Santé se mobilisent pour nous le rappeler, à l’occasion de la 7ème Journée mondiale contre les AVC organisée le 29 octobre.

De quoi s’agit-il ? Communément appelé attaque cérébrale, l’AVC est le plus souvent provoqué par l’obstruction d’un vaisseau du cerveau. Les spécialistes parlent alors d’AVC ischémique, par opposition à l’AVC hémorragique — environ 20% des cas — qui survient lorsqu’une artère est rompue. Quel que soit le cas de figure, le cerveau n’est plus irrigué.

Des signes qui ne trompent pas…
Une paralysie ou un engourdissement brutal au niveau d’un bras et/ou d’une jambe, une difficulté soudaine à parler et à se faire comprendre doivent alerter. Au même titre que la diminution subite de la vision d’un œil ou l’apparition de violents maux de tête sans cause apparente.

Le réflexe 15. Ces symptômes doivent faire évoquer un AVC, « même s’ils régressent dans les instants qui suivent », insiste la SFNV. Chaque minute compte. Pour éviter des lésions irréversibles au cerveau, le traitement doit en effet être initié le plus précocement possible.

Le réflexe est alors d’appeler au plus vite le centre 15 pour que la victime bénéficie d’une prise en charge immédiate dans une unité de soins spécialisés : une unité neuro-vasculaire (UNV). Opérationnelles 24h/24, elles accueillent les malades qui ont été victimes d’un AVC moins de 3 heures auparavant. Il en existe actuellement 77 sur le territoire national. Encore trop peu… si bien qu’à la fin 2008, seul un malade sur cinq y avait accès. Le nombre d’UNV augmente toutefois régulièrement, et devrait doubler d’ici la fin 2011.

L’AVC n’est pas une fatalité. En raison du vieillissement des artères et du cerveau, la fréquence de l’AVC augmente avec l’âge. Il faut savoir aussi, que ce vieillissement peut être accéléré par des facteurs de risque qui sont en partie, les mêmes que pour toutes les maladies cardio-vasculaires : hypertension artérielle, diabète, tabagisme, sédentarité…

Mais le principal facteur de risque est la fibrillation auriculaire, trouble cardiaque le plus fréquent (voir notre encadré). Dans la majorité des cas, ces facteurs de risque peuvent être traités « et/ou prévenus », souligne le ministère de la Santé. Sur la base d’un rapport rendu public récemment, ce dernier prépare d’ailleurs un Plan d’action AVC 2010-2014, qui devrait être rendu public à la fin de l’année 2009. Et pour en savoir davantage sur les AVC, rendez-vous sur le site de l’association France AVC : www.franceavc.com

• Comprendre

La fibrillation auriculaire, un facteur de risque majeur

Très méconnue, la fibrillation auriculaire (FA) est « le principal facteur de risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) », explique le Pr Hervé Le Marec, directeur de l’Institut du Thorax au CHU de Nantes. Ce trouble du rythme cardiaque est très fréquent : son incidence augmente avec l’âge pour atteindre 6% des personnes de plus de 65 ans et 10% des plus de 80 ans. Cette affection est « caractérisée par la désorganisation complète de l’activité électrique des oreillettes qui ne se contractent plus de façon synchrone », poursuit le cardiologue. Pour le patient, cette contraction anarchique se traduit par un rythme cardiaque rapide et irrégulier, qui doit amener à consulter.

Outre le risque d’insuffisance cardiaque, la complication majeure de la FA est l’AVC. « Comme l’oreillette ne se contracte plus normalement, le sang y stagne », enchaîne le Pr Le Marec. « Il peut alors se former un caillot susceptible de passer dans la circulation générale et de bloquer une artère, cérébrale le plus souvent ». Cette forme d’AVC est souvent d’une gravité particulière, car « le caillot qui se forme dans l’oreillette est en général plus gros qu’un autre, susceptible d’apparaître dans la carotide par exemple ».


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