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Biothérapies : les médicaments de demain… et d’aujourd’hui

Destination santé

Témoignages.re / 6 décembre 2010

Cancers, diabète, polyarthrite rhumatoïde, ostéoporose… Le champ d’application des médicaments de biothérapies ne cesse de s’élargir. A tel point qu’ils sont quotidiennement prescrits à des millions de malades. Explications avec le Dr Marine Diviné, Directeur médical d’une entreprise parmi les premières à s’être engagées dans cette voie, Amgen.

« Les biothérapies utilisent les ressources du vivant : des cellules, des protéines ou des gènes, par contraste avec les médicaments issus d’une synthèse chimique. Elles sont le fruit d’une recherche scientifique approfondie… et plus anciennes qu’on ne le croit ». Depuis des années, en effet, ces traitements font partie du quotidien de millions de patients. « L’insuline, au début des années 80, était déjà produite selon les techniques propres aux biothérapies. Et les premiers vaccins issus des biotechnologies sont également apparus à cette époque ».

Aujourd’hui, ces solutions sont utilisées contre certains cancers, ou pour traiter la polyarthrite rhumatoïde ou le psoriasis. « Ces médicaments reflètent un savoir-faire complexe qui englobe la recherche, la fabrication du produit, mais aussi tout le contrôle de qualité jusqu’à l’administration au patient. S’ils nous sont aujourd’hui familiers, ils relèvent d’une technique pointue ».

Les biothérapies se substitueront-elles un jour aux médicaments chimiques ? Sans doute pas totalement. Néanmoins, « les médecins en prescrivent aujourd’hui deux fois plus qu’il y a dix ans. En ce sens, c’est une vraie révolution. Et selon l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques, N.D.L.R.), d’ici 2015, pratiquement tous les nouveaux traitements feront appel à ce savoir-faire. Cette extraordinaire source d’innovation ouvre des perspectives de traitements pour de nombreuses maladies chroniques, contre lesquelles nous étions jusqu’alors démunis ».

L’innovation, en réalité, repose tout autant sur l’originalité et la définition très précise de la cible du traitement que sur la nature du médicament. Les biothérapies sont ainsi de plus en plus des « thérapies ciblées », qui exploitent la connaissance fine des mécanismes liés aux maladies. Et cela, seules les biotechnologies sont capables de le réaliser.

Deux pages pour une double hélice…

En 1953, le biologiste américain Jim Watson et le physicien britannique Francis Crick découvrent la structure en double hélice de l’ADN. Une modeste publication de 2 pages dans la revue “Nature” leur vaudra… de recevoir le Prix Nobel de Physiologie et de Médecine 9 ans plus tard, en 1962. A partir de là, des équipes de tous pays vont développer le principe des biothérapies. En 1979, la première synthèse d’insuline par ADN recombinant est réalisée. Sa commercialisation intervient en 1982, suivie en 1986 du premier vaccin recombinant contre l’hépatite B. La course est lancée…

Le premier axe de recherche d’Amgen, créé aux États-Unis en 1980, sera la production d’une hormone indispensable à la genèse des globules rouges, l’érythropoïétine ou EPO. En 1983, le Dr Fu-Kuen Lin réussit à isoler puis à cloner le gène exprimant cette dernière. Le traitement qui en découlera va révolutionner la prise en charge de l’anémie qui affecte des millions d’insuffisants rénaux et de cancéreux. Multipliant les axes de recherche, les équipes d’Amgen développent désormais toute une gamme de biothérapies : des protéines recombinantes, des anticorps monoclonaux et des molécules complexes… « Aujourd’hui, nous allons vers de nouvelles formes de médicaments utilisant nos connaissances de la biothérapie comme de la chimie. Ce qui nous intéresse, c’est de faire en sorte que la recherche fondamentale débouche sur des innovations qui nous sortent d’impasses thérapeutiques ».


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