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Cancer du col de l’utérus : Comment protéger ma fille ?

Destination santé

Témoignages.re / 20 septembre 2012

Chaque jour en France, trois jeunes femmes meurent du cancer du col de l’utérus. Ces chiffres sont insupportables, alors même que la vaccination permet de prévenir la maladie, et que la pratique régulière du frottis en trahit les signes avant-coureurs.

Des données nationales recueillies fin 2011 montrent qu’un tiers seulement des jeunes filles de 15 ans ont reçu leurs 3 doses de vaccins. Dans 85% des cas, les cancers du col de l’utérus sont liés à une infection persistante à papillomavirus humains. Rappelons que la vaccination est recommandée pour les jeunes filles de 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 23 ans pour celles qui n’ont pas eu d’activité sexuelle ou l’ont initiée depuis moins d’un an.

L’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) indique que « les essais randomisés et les observations disponibles ont mis en évidence une bonne sécurité d’emploi et une efficacité (des vaccins) contre les précurseurs du cancer du col de l’utérus ». Dans ses précédentes recommandations (2008), l’ECDC préconisait un schéma de vaccination comportant l’injection de 3 doses. Or, « une étude récente a montré qu’il n’existait pas de différence significative en termes d’efficacité vaccinale lorsque deux doses étaient administrées ».

Par ailleurs, l’étude PATRICIA menée sur le vaccin Cervarix® et qui a concerné 18.644 jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 25 ans a confirmé l’efficacité à 4 ans du vaccin. Cette étude a également mis en évidence une réduction significative du recours à la conisation. Réalisée le plus souvent en cas d’anomalies importantes du col, cette intervention consiste à enlever chirurgicalement une portion du col utérin, en forme de cône. Elle doit être réalisée tout en préservant la possibilité d’une grossesse ultérieure. Des études toutefois ont montré que certaines opérées présentent un risque plus élevé d’accouchement prématuré, de rupture prématurée des membranes ou de césarienne.

Dans un contexte de méfiance générale, votre médecin saura vous donner les informations nécessaires pour faire le meilleur choix. Les données de tolérance issues des études cliniques n’ont pas montré d’augmentation significative d’effets indésirables parmi les femmes vaccinées. Selon le Pr Pierre Mares, chef de service de gynécologie obstétrique au Centre hospitalier régional universitaire de Nîmes, « la sécurité des vaccins a été étudiée lors de multiples études, et les démarches d’évaluation mises en place et permettant d’assurer un suivi des prescriptions constituent une sécurité supplémentaire. La vaccination est très surveillée et il est bien dommage de ne pas s’en servir ».

Pour certains parents, il peut être difficile de parler de cette vaccination, car elle les renvoie à la sexualité de leur propre fille. C’est pourtant indispensable. Nouez le dialogue avec des mots simples. Si vous éprouvez des difficultés, proposez-lui de l’emmener consulter un médecin. Et appuyez-vous sur lui. Enfin, le Pr Pierre Mares estime que « frottis et vaccin pourraient représenter le ticket gagnant. Il est rare de disposer à la fois d’un système de prévention et de dépistage pour des cancers ».

©Agence de Presse Destination Santé-2012


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