Santé vie pratique

Cancers : une belle moisson de nouveautés

Destination santé

Témoignages.re / 19 juin 2010

Plus de 35.000 cancérologues se sont réunis à Chicago du 4 au 9 juin pour la 46ème édition du congrès de l’American Society of Clinical Oncology. Ce congrès — le plus important au monde — a vu dévoiler des avancées significatives. Petit tour d’horizon, non exhaustif...

• Poumon. Deux nouveautés. D’abord, le Pr Elisabeth Quoix (Strasbourg) a montré l’intérêt de traiter les personnes âgées de la même façon que les malades plus jeunes. Après un an de traitement, 45% des patients ayant bénéficié de deux chimiothérapies étaient en vie, contre seulement 27% de ceux traités par une chimiothérapie unique. Aucune raison donc de ne pas utiliser les meilleures stratégies contre le cancer du poumon, même après 70 ans. La décision doit associer le patient, le cancérologue et le gériatre.

Par ailleurs, un traitement expérimental, le Crizotinib, a donné des résultats “spectaculaires” contre le cancer du poumon avancé avec un profil génétique particulier. Une étude coréenne a montré une régression tumorale significative chez 57% des patients.

• Ovaire. Un travail international a montré l’intérêt d’un traitement d’entretien contre le cancer de l’ovaire, avec un gain de 4 mois de survie sans progression de la maladie. « Ces résultats représentent une avancée importante », a souligné le Dr Robert Burger, (Philadelphie). « Le cancer de l’ovaire est difficile à traiter et depuis plus de 10 ans, nos possibilités d’évolution étaient limitées ».

• Prostate. Dans 15% des cancers de la prostate, des métastases osseuses sont observées. Une étude française a montré l’intérêt du Denosumab — un anticorps monoclonal humanisé — pour les prévenir. « Sur les 70.000 nouveaux patients atteints de cancers de la prostate diagnostiqués par an en France, plus de 10.000 présenteront des métastases osseuses », précise l’Institut Gustave Roussy (Villejuif). « Cette forme de la maladie est responsable d’une destruction et d’une fabrication de l’os anarchique entraînant des complications osseuses » : douleurs osseuses très importantes, fractures, compressions de la moelle épinières avec complications neurologiques graves…

Lymphome. « Dans le lymphome folliculaire, la moitié des patients rechutent, que faire ? ». Cette question du Pr Gilles Salles (Lyon) n’est aujourd’hui plus sans réponse. A Chicago, il a fait part de résultats positifs dans la prévention de ces rechutes. Il a montré qu’un traitement d’entretien qui, « après le traitement initial, associe un anticorps monoclonal et une chimiothérapie » permet de diviser par deux le risque de progression du cancer.

• Mélanome. Belle avancée contre le mélanome métastatique, au pronostic redoutable. Un anticorps monoclonal — Ipilimumab — a montré des résultats intéressants. L’étude présentée à Chicago a concerné 676 patients souffrant de formes avancées de la maladie, répartis en trois groupes. Le premier s’est vu administrer l’Ipilimumab et un vaccin thérapeutique à l’efficacité déjà démontrée. Le second a reçu l’anticorps seul, et le troisième uniquement le vaccin. Après un an de traitement, pratiquement la moitié des patients sous anticorps monoclonal étaient encore en vie, contre seulement 25% dans le groupe traité par vaccinothérapie.

• Yoga. Les soins de support en cancérologie prennent une importance croissante. Un travail américain a montré que le yoga permet de lutter contre la fatigue qui accompagne souvent les traitements anticancéreux. Plus d’un patient sur cinq a constaté une amélioration de son sommeil. Cet effet n’a été observé que chez 12% des patients qui n’avaient pas fait de yoga. Mieux encore : la fatigue a été diminuée chez 42% des participants aux séances de yoga, contre 12% parmi les malades du groupe contrôle.


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