Santé vie pratique

Contre la dépendance à l’alcool, place à l’information

La loi Evin remise en cause

Témoignages.re / 19 juillet 2015

L’alcool tue plus de 49 000 Français chaque année. Pourtant un amendement adopté par l’Assemblée nationale, pourrait remettre en cause l’encadrement de la publicité autour des boissons alcoolisées. Ce texte va en effet dans ce sens, méprisant ainsi les règles de base de la santé publique portées par la loi Evin. En matière de dépendance à l’alcool et de prise en charge, la France a encore beaucoup de chemin à parcourir. La preuve avec les résultats d’une enquête portant sur les regards croisés du public et des médecins sur la dépendance à l’alcool.

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La consommation d’alcool est très dangereuse pour la santé, mieux vaut éviter d’en absorber.

La surconsommation d’alcool est très loin d’être anecdotique. Bien qu’une majorité de Français présente un niveau de consommation responsable, les problèmes d’alcool concernent près de 3 adultes sur 10 au cours de leur vie. Or trop souvent, la dépendance à l’alcool n’est pas considérée comme une maladie qui peut se prendre en charge. En effet dans une étude récente menée par OpinionWay [1], les sondés estiment que la réduction de la consommation est avant tout une question de motivation. La moitié des personnes déclarant avoir actuellement ou avoir eu un problème de dépendance pensent en effet que cette maladie reste « un problème lié à une faiblesse, un manque de volonté ».

Manque d’information

Il y a clairement un manque d’information auprès du grand public et plus précisément sur les moyens qui existent aujourd’hui pour vaincre la dépendance. Conséquence, deux tiers des patients sous-estiment leurs problèmes et n’abordent pas le sujet. Ni avec leurs proches, ni avec un professionnel. Plus de 80% d’entre eux pensent que c’est un tabou. Par ailleurs, le défaut de prise en charge est sérieusement pointé du doigt par les patients. Ils éprouvent une forme de solitude face à leur maladie. Près de 85% des buveurs actuels déclarent ne bénéficier d’aucun accompagnement.

Les résultats de cette enquête indiquent très clairement un déficit majeur d’information sur la dépendance à l’alcool, ses effets, ainsi que sa prise en charge dès lors qu’il est consommé en excès. C’est pourquoi une campagne de sensibilisation grand public a été lancée au mois de mai par le laboratoire Lundbeck. Cette dernière vise à aider et inciter les personnes dépendantes à l’alcool à parler de ce problème avec leur médecin. Celle-ci est basée sur des spots radios qui évoquent la vie courante d’un patient dépendant à l’alcool : en famille, en couple, au bureau.

Quand l’alcool prend trop de place

Comme l’indique très clairement cette campagne, « verre après verre, l’alcool peut finir par prendre beaucoup trop de place dans votre vie. Pour reprendre le dessus il existe maintenant des solutions pour réduire votre consommation d’alcool ». Parlez-en à votre médecin ou rendez-vous sur www.alcoolmoinscmieux.fr.

De son côté, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé [2] (INPES) a mis en ligne un alcoomètre gratuit. Objectif : évaluer votre consommation d’alcool et bénéficier de conseils personnalisés. Disponible sur le site Alcool Info Service (http://www.alcool-info-service.fr/), il vous invite à répondre à 12 questions destinées à évaluer si votre consommation est à faible risque, à risque ou si une dépendance est pressentie.

© Agence Destination Santé

[1Enquête OpinionWay, Regards croisés sur la dépendance à l’alcool réalisée du 18 au 26 février 2015

[2INPES, 12 juin 2015


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