Santé vie pratique

Du mal à suivre une conversation ?

Témoignages.re / 21 mai 2011

Vous trouvez que « les autres », et notamment vos enfants ou vos petits-enfants, ne parlent pas assez fort ou n’articulent pas bien ? Dans une ambiance bruyante, vous avez l’impression d’entendre sans comprendre ce qui se dit ? Ce sont autant de signes que votre audition a baissé. Explications avec le Pr Jean-Luc Puel, Directeur de recherche INSERM à Montpellier.

« Un des premiers signes d’une baisse de l’audition, c’est une mauvaise compréhension de la parole. Surtout lorsque plusieurs personnes parlent en même temps, ou quand des bruits divers s’entremêlent. L’exemple type, c’est le mélange d’une musique d’ambiance, de la télévision et d’un proche qui vous parle ». En clair, si vous commencez à éprouver des difficultés à suivre une conversation dans un environnement sonore, c’est probablement le premier signe de la presbyacousie.

Ce déficit auditif est directement lié au vieillissement, un peu comme la presbytie pour les yeux... Après 65 ans, plus d’un Français sur trois est touché. Insidieuse, la presbyacousie exige une attention particulière pour être accessible au dépistage. « Les patients ne se plaignent pas de ne pas entendre. Ils se plaignent en fait, de ne pas comprendre. Ils évoquent souvent le problème de cette façon : “j’entends, mais je ne comprends pas” » A condition qu’ils en parlent… Car bien trop souvent, ils se murent dans le silence, s’isolent et se refusent à prendre la mesure du problème. Conséquence, ils ne consultent pas d’ORL et… leur trouble auditif va s’aggravant.

Comment ça se passe ?

Comme l’explique le Pr Puel, « l’oreille interne décompose les sons en différentes fréquences. C’est en quelque sorte un analyseur de fréquences, composé de cellules ciliées externes. Et ce que vous commencez à perdre, c’est cette capacité de sélection des fréquences au fur et à mesure que les cellules ciliées sont détruites : par l’âge, ou par la succession des traumatismes sonores ».
Audioprothésiste du groupe Amplifon à Paris, Stéphane Deys va plus loin. « Ce que l’on perd en premier, ce sont les sons aigus, donc les fréquences basses », explique-t-il. Concrètement, il s’agit notamment des consonnes. Un exemple ? « Entre les mots “table”, “sable” et “fable”, une personne dont l’audition baisse ou qui éprouve des difficultés dans une ambiance bruyante, n’entendra que le son “a”. Pour le reste, elle va dire en toute bonne foi que son interlocuteur articule mal. Elle va donc perdre en premier tout ce qui fait l’intelligibilité de la parole ». A ce stade, il est indispensable de consultez un ORL. « Quand cela commence à se dégrader, il est essentiel de traiter le problème le plus tôt possible », conclut Stéphane Deys.


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