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Fibrillation auriculaire : bientôt une nouvelle ère ?

Destination santé

Témoignages.re / 23 septembre 2010

La prise en charge de la fibrillation auriculaire, qui est le trouble cardiaque le plus fréquent, et aussi le premier facteur de risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) après 60 ans, est peut-être à l’aube d’une révolution. La décision est entre les mains des experts américains de la Food and Drug Administration (FDA), qui vient de décider de faire subir une procédure d’examen prioritaire à un nouvel anticoagulant oral, le dabigatran etexilate. L’annonce en a été faite par le fabricant — le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim — durant le dernier congrès de la Société européenne de Cardiologie (ESC) qui se tenait à Stockholm, en Suède.

Cette procédure d’examen prioritaire n’est pas courante. Elle est réservée aux molécules susceptibles d’apporter « une avancée majeure », explique la FDA. Avancée qui peut concerner la prévention, le diagnostic ou le traitement d’une maladie. Le temps moyen d’examen passe de 12 à 14 mois (délai habituel) à moins de 6 mois. Encore un peu de patience donc avant de savoir si ce médicament prendra la succession des traitements — contraignants et d’un maniement parfois complexe — par anti-vitamines K (AVK). L’agence américaine doit d’abord passer au crible les données de l’étude RE-LY. En août 2009, celle-ci — le plus grand travail jamais réalisé chez des patients souffrant de fibrillation auriculaire — avait montré que le dabigatran protégeait mieux du risque d’AVC que les AVK.

L’enjeu est de taille. Car les AVK sont des anticoagulants peu appréciés, des patients comme des médecins. Non seulement leur efficacité varie d’un malade à un autre, mais en plus ils exigent la réalisation de bilans biologiques (les INR) au moins une fois par mois. Réponse a priori fin 2010, début 2011. En France, 750.000 patients souffrant de fibrillation auriculaire seraient potentiellement concernés.


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