Santé vie pratique

Hépatite C : on peut en guérir

Journée mondiale des hépatites le 28 juillet

Témoignages.re / 16 juillet 2015

Le 28 juillet sera marqué par la journée mondiale des hépatites. Aujourd’hui focus sur l’hépatite C chronique. Une maladie dont il est possible de guérir grâce à l’arrivée de nouveaux traitements. Elle pourrait même être éradiquée dans les prochaines années. A une condition, dépister les 40% à 50% de patients qui s’ignorent. Les explications du Dr Marc Bourlière [1], chef du service d’hépato-gastro-entérologie au CHU Saint-Joseph de Marseille.

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Le dépistage de l’hépatite C permet de bénéficier au plus vite de traitements qui peuvent guérir. (photo Phovoir)

« L’infection par le VHC est un problème de santé publique majeur », souligne le spécialiste. Au total, près de 170 millions de personnes dans le monde sont atteintes d’hépatite C chronique ; en France, on estime à plus de 200 000 personnes. Mais 40% de ces personnes ne savent pas qu’elles sont porteuses du virus.

L’hépatite C est une maladie virale qui est le plus souvent asymptomatique. « Elle ne se caractérise par aucune manifestation clinique spécifique », reprend le Dr Marc Bourlière. « Elle peut toutefois être à l’origine d’une fatigue profonde. Quelques fois, mais c’est assez rare, les patients vont développer une jaunisse ».

Le virus de l’hépatite C est transmis par le sang. Il peut suffire d’un contact entre votre sang et du sang infecté pour être contaminé (par exemple à cause d’une lésion). « Les modes de transmission de cette maladie, ce sont entre autres les transfusions sanguines avant 1991. L’autre voie importante, c’est l’utilisation de drogues par voie intraveineuse. » Il y a également toutes les contaminations en lien avec le sang : le tatouage, l’acupuncture. Quant à la transmission sexuelle, elle est exceptionnelle.

Comme l’infection par le virus de l’hépatite C est généralement asymptomatique, le diagnostic précoce est rare. Sa particularité est le fait que la maladie persiste chez plus de 70% des personnes, entrainant une affection chronique du foie qui peut aboutir à une cirrhose et provoquer un cancer du foie. L’objectif est donc de sensibiliser les populations à risque au dépistage.

Des traitements qui ont changé la donne.

Au cours de ces dernières années, la prise en charge de la maladie a connu une vraie révolution, grâce à l’arrivée des antiviraux directs. « Pendant 20 ans, les traitements proposés (interféron et ribavirine) permettaient de parvenir à un taux de guérison de 50%. Et les patients devaient être traités sur une période de 6 mois à plus d’un an », explique le Dr Marc Bourlière. « Actuellement les nouveaux antiviraux à action directe permettent de guérir l’hépatite C dans 95% à 100% des cas, même dans les cas les plus difficiles à traiter (patients atteints notamment de cirrhose…). A noter que ces traitements durent 12 semaines pour la majorité des malades ».

Pour notre spécialiste, « le message c’est de dépister les patients qui s’ignorent pour ensuite pouvoir les traiter. Car avec un tel niveau d’efficacité des traitements, nous pourrions éradiquer cette maladie. Il faut encourager toutes les personnes, qui dans leur vie ont eu des facteurs de risque, à se faire dépister ». 

A l’occasion de la Journée mondiale des hépatites le 28 juillet prochain, une initiative originale se déroulera au cours du grand chassé-croisé du week-end du 25 au 27 juillet. AbbVie, en partenariat avec les autoroutes Vinci, sensibilisera les automobilistes sur l’hépatite C sur six des plus grandes aires d’autoroutes par la distribution de flyers. #demasquerlhepatiteC

© Agence Destination Santé

[1Interview du Dr Marc Bourlière, 8 juillet 2015


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