Santé vie pratique

La croissance française en sursis

L’année commencera par la récession

Céline Tabou / 26 décembre 2011

En dépit des déclarations optimistes de l’Élysée, la France ne devrait pas atteindre l’objectif du gouvernement d’une croissance à 1,75% en 2011. Avec cela, la France vient de décrocher la palme du pessimisme.

La veille de l’annonce des inquiétudes de Christine Lagarde (voir en page 4), l’Insee a revu à la baisse la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France au troisième trimestre à 0,3 % contre 0,4 % annoncé initialement.

Nicolas Sarkozy fait profil bas

L’Insee a rappelé que la France pourrait connaître début 2012 une période de récession, avec deux trimestres consécutifs de contraction du PIB. Pour 2012, l’institut a estimé donc qu’il sera « difficile » de parvenir au 1% de croissance comme espéré par le gouvernement. Face à ces chiffres, le gouvernement garde le silence et tient le cap des mesures lancées depuis 2008. Quant à l’Élysée, le président Nicolas Sarkozy ne souhaite pas annoncer un énième plan de rigueur à quelques mois de l’élection.
D’autant plus que les mesures prises touchent principalement les revenus modestes. En effet, les hausses d’impôt prévues par les quatre lois de finances approuvées cette année pour 2012 possèdent plusieurs hausses d’imposition, à échelle différente.
Comme l’explique “Le Monde”, « le dogme présidentiel de la non-augmentation globale des impôts, sur lequel s’est arc-bouté Nicolas Sarkozy, a été remis en cause avec la hausse quasi générale du taux réduit de TVA et le gel des barèmes de l’impôt sur le revenu, de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), des donations et des successions ». Depuis 2007, les plus aisés ont eu des impôts allégés, grâce aux précédentes mesures, et des revenus en fortes hausses, de fait, la conjoncture actuelle ne devrait pas les toucher, bien qu’ils participent légèrement à l’effort national.

Taxation et imposition en hausse

La hausse de l’imposition et de la taxation concernent particulièrement les revenus les plus modestes et les plus démunis. Les mesures concernent les frais de la désindexation partielle des prestations familiales et des aides au logement, l’augmentation des prix du tabac de 6% en 2011 et en 2012, la création d’une taxe sur les boissons sucrées et le gel du barème de l’impôt sur le revenu.
Les autres augmentations concernent aussi les salariés avec la taxe sur les mutuelles, la hausse du forfait social de 6% à 8% sur les revenus exonérés de cotisations sociales et la suppression ou de la réduction des dérogations en matière de contribution sociale généralisée (CSG). Toutes ces mesures de casse sociale vont porter atteinte au système de santé et appauvrir les plus démunis.
Toutefois, la taxation ne s’appliquera pas aux produits alimentaires, à l’énergie, aux biens et services destinés aux handicapés et aux cantines scolaires. Mais à La Réunion, le coût élevé de la vie aux mesures prises par l’UMP auront de graves conséquences : appauvrissement de la population, dont 49% est déjà sous le seuil de pauvreté, précarité, misère, chômage, les Réunionnais subiront de plein fouet les mesures gouvernementales, la remise en cause des aides européennes et la cherté de la vie, dénoncée depuis des années.

Céline Tabou


Kanalreunion.com