Santé vie pratique

La dépression vise au cœur

Destination Santé

Témoignages.re / 9 mars 2016

Une équipe INSERM vient de mettre en évidence un lien entre état dépressif et facteurs de risque cardiovasculaire. Plus exactement, la dépression favoriserait les pratiques délétères, à savoir la consommation de tabac ou encore la sédentarité.

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Photo Phovoir

Malgré une nette diminution depuis deux décennies, l’incidence des maladies cardiovasculaires reste élevée. Ainsi, bien qu’indispensable, l’action contre les facteurs de risques traditionnels – hypercholestérolémie, obésité, tabac, inactivité physique… - ne semble plus suffisante.

« Depuis quelques années a émergé le concept de prévention primordiale, une approche plus en amont qui vise à prévenir l’apparition de ces facteurs de risque » explique Jean-Philippe Empana du Centre de recherche cardiovasculaire de Paris.

Les chercheurs (Unité 970 INSERM/Université Paris-Descartes, Paris-Centre de recherche cardiovasculaire) se sont plus particulièrement intéressés à la dépression. Ou plus exactement à l’hypothèse selon laquelle les personnes présentant des symptômes dépressifs ont du mal à adopter des comportements bénéfiques pour leur santé cardiovasculaire.

Dépression = comportements à risque ?

Ils ont ainsi utilisé les données d’inclusion de l’enquête PPS3 (Paris prospective study III). Au total, 9 417 personnes âgées de 50 à 75 ans ont été suivies. Les chercheurs ont évalué leur santé cardiovasculaire avec une méthode proposée en 2010 par l’American Heart Association. Celle-ci repose sur sept critères : trois indices biologiques (cholestérolémie, glycémie et pression artérielle) et quatre facteurs comportementaux (consommation de tabac, régime alimentaire, activité physique et indice de masse corporelle).

Première constatation : seuls 10 % des volontaires ont une santé cardiovasculaire idéale (au moins 5 critères sur 7 au niveau idéal). Les autres se répartissent en 40 % présentant un bilan médiocre (0 à 2 critères) et 50 % un bilan intermédiaire (3 à 4 critères).

Par ailleurs, environ 10 % montraient un niveau élevé de symptômes dépressifs. Confirmant leur hypothèse, les chercheurs ont bel et bien constaté que ces sujets ont 30 % de chances en moins que les autres de présenter une santé cardiovasculaire idéale, et que la différence porte essentiellement sur les facteurs de risques « comportementaux » (consommation de tabac, sédentarité…)

Un résultat intéressant puisqu’il est possible de « lutter contre les symptômes dépressifs et donc améliorer la santé cardiovasculaire  », concluent les chercheurs.

© Agence Destination Santé, 2016


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