Santé vie pratique

La sieste : vice ou vertu ?

Témoignages.re / 30 septembre 2010

La sieste est souvent considérée comme l’apanage des fainéants et autres paresseux improductifs. Certains pays l’ont pourtant adoptée, et nombre d’études révèlent ses bienfaits.

Autrefois ancrée dans nos mœurs, la sieste, chère à nos aïeux, a longtemps été délaissée, voire décriée, au profit de la course au temps et au rendement, symptomatique de nos sociétés modernes. Elle revient aujourd’hui à la mode pour notre plus grand plaisir. Parmi les ouvrages dont elle fait l’objet, citons l’"Eloge de la sieste" de Bruno Comby, préfacé par Jacques Chirac (2005), et plus récemment "L’art de la sieste" de Thierry Paquot (2007). La littérature l’encense, les études se multiplient, le gouvernement français évoque l’idée de la généraliser dans les entreprises, certains pays l’ont déjà adoptée et, fait plus étonnant, on se met à la "vendre". C’est le cas de la Bulle Kenzo à Paris, qui propose une « sieste sur rendez-vous avec images, musique et bon matelas, réveil en murmure et thé ». Pourquoi un tel engouement ? Comment s’explique ce qui peut s’apparenter à un retour aux sources ?

Une santé préservée

On l’a tous remarqué : il existe un moment précis, entre 14h et 16h, où l’on s’endort plus facilement. Indispensable aux petits, la sieste s’intègre naturellement dans nos rythmes biologiques, elle semble même "programmée" biologiquement. Ce moment de repos est en effet propice à la récupération, bien plus que la grasse matinée dont le sommeil paradoxal (où l’on rêve) prime sur le sommeil profond. D’un point de vue strictement médical, la sieste permet de rééquilibrer le fonctionnement du système nerveux comme de rééquilibrer le sommeil. Une sieste diurne, de quelques minutes à une demi-heure, permet en effet de gagner jusqu’à 2 heures de sommeil la nuit. Elle facilite par ailleurs le classement des idées, lève les tensions, vide la tête et repose l’esprit, offrant ainsi une sensation de bien-être et de vitalité. En outre, selon une récente étude (février 2007) menée en Grèce durant plus de 6 ans sur près de 24.000 sujets : une sieste d’une demi-heure 3 fois par semaine contribuerait à diviser par trois le risque de mourir des suites d’une maladie coronarienne. Les chercheurs expliquent ces résultats par le fait qu’une sieste durant la journée de travail participerait à contrer les effets du stress, une des causes de développement des maladies cardio-vasculaires.

Une performance accrue

Sa durée idéale serait de 10 à 30 minutes, mais les plus entraînés se contentent d’une poignée de minutes. Un temps presque anodin, pourtant capable d’accroître considérablement l’efficacité au travail. Une sieste de 5 minutes dissout le stress et la fatigue physique et cérébrale, augmentant par là même nos performances physiques et psychiques. Selon certaines études scientifiques, elle améliorerait les facultés de concentration, de mémorisation et rendrait plus créatif et de meilleure humeur. Déjà adoptée au Japon où il n’est pas rare de voir un de ses collaborateurs s’assoupir pendant une réunion, elle retient de plus en plus l’attention des patrons qui y voient un outil de management. La Mairie de Vechta en Allemagne a par exemple instauré une "pause sommeil" de 20 minutes chaque jour, et bien que la question reste encore taboue en France, elle commence à faire son chemin. Accessible à tous, gratuite, véritable atout forme, la sieste serait donc meilleure pour la santé, plus rentable et bien plus efficace qu’un café pour repartir du bon pied. Alors pourquoi s’en priver ?

(Source : Le Journal des Femmes)


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