Santé vie pratique

Le cœur qui bat la chamade… fardeau des temps modernes

Destination santé

Témoignages.re / 2 janvier 2012

« Le coût humain et social de la fibrillation auriculaire est trop lourd », a récemment expliqué le Pr André Vacheron devant l’Académie nationale de Médecine.

Ce cardiologue parisien — académicien et ancien président de la Fédération nationale de Cardiologie — a fait ses comptes : entre sa prise en charge et celle de ses complications — dont la plus fréquente est l’accident vasculaire cérébral (AVC) — cette affection coûte chaque année « 2,5 milliards d’euros à l’Assurance-maladie ».

La fibrillation auriculaire, c’est le résultat notamment de contractions anarchiques et rapides des oreillettes du cœur. C’est aussi la plus fréquente des arythmies cardiaques, puisqu’elle touche entre 1% et 2% de la population générale. Son incidence toutefois, augmente avec l’âge. A tel point qu’un Français de plus de 80 ans sur dix est concerné. Le coût de sa prise en charge — 2,5 milliards d’euros par an donc — résulte de l’addition des sommes représentées par les « hospitalisations qu’elle entraîne, les explorations et les traitements souvent coûteux » qui y sont associés.

« Actuellement, la prévention des complications de la FA passe par la prise d’anticoagulants au long cours », poursuit André Vacheron, qui fait référence aux antivitamines K (AVK). « Cependant, le risque d’AVC ischémique ou hémorragique des malades sous AVK est loin d’être négligeable quand l’anticoagulation est mal contrôlée ». Ce qui n’est pas rare. Ces médicaments, certes efficaces, sont difficiles à manier. Ils nécessitent des contrôles réguliers de la formule sanguine. En dépit de ces précautions ils sont à l’origine chaque année de 12,3% des hospitalisations pour accident thérapeutique. Soit un total de 17.000 par an, avec un bilan de pratiquement 4.000 décès !

Aux membres de l’Académie nationale de Médecine, André Vacheron a expliqué pourquoi il fonde des espoirs particuliers sur l’arrivée de nouveaux anticoagulants oraux. Et pour cause, « ils ne nécessitent pas de contrôles sanguins réguliers » et sont apparemment, beaucoup plus maniables que les traitements actuels. Depuis 50 ans, c’est la première fois que l’anticoagulation est le théâtre d’une innovation majeure.


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