Santé vie pratique

Ostéoporose : la grande absente du Web

Destination santé

Témoignages.re / 23 décembre 2011

Selon une enquête menée à partir des discussions sur les forums et les blogs internet, l’ostéoporose ne mobilise guère les femmes… sauf pour évoquer les effets secondaires de leurs traitements. « De nombreuses femmes atteintes d’ostéoporose considèrent les fractures comme “normales” et la maladie comme une fatalité liée au vieillissement », explique le Dr Eric Lespessailles, rhumatologue au CHR d’Orléans. « Or, il n’est ni banal, ni normal de tomber et de se fracturer un os ». En fait, comme pour toute maladie asymptomatique — c’est aussi le cas de l’hypertension artérielle — il est toujours un peu fastidieux de suivre un traitement chronique.

Selon la veille menée sur le Net, une femme sur deux cesse de prendre son médicament avant la fin de la première année de traitement. Dans l’ensemble d’ailleurs, moins de 40% des patientes sont prises en charge de manière satisfaisante. L’enquête traduit une certaine inquiétude au niveau des traitements proposés. Conséquences, elles sont nombreuses à se tourner vers des solutions dites “naturelles”. Une patiente, par exemple, signale se soigner « avec des compléments alimentaires naturels et faire de la gym. D’ailleurs, j’ai aussi arrêté mes deux autres traitements ».

Elles estiment que les règles hygiéno-diététiques sont des solutions à part entière contre l’ostéoporose. D’ailleurs, les connaissances liées au rôle de la vitamine D dans la fixation du calcium sur les os sont bien comprises. Au même titre que l’intérêt de l’activité physique pour renforcer la musculature et le squelette. Les médecins pourtant insistent pour que l’hygiène de vie soit seulement considérée comme un complément des traitements médicamenteux…

L’enjeu est de favoriser le dialogue entre médecins et malades. Pour les motiver, et bien leur faire comprendre l’intérêt des thérapies médicamenteuses. « Pour les patientes, l’information sur les traitements est très complexe : tous n’ont pas le même mode d’action, ni les mêmes résultats sur le gain de densité osseuse », souligne Eric Lespessailles. C’est si vrai que tous ces médicaments diffèrent dans leurs dosages, leur mode ou leur fréquence d’administration… Et même en 2012, une nouvelle génération de traitements contre l’ostéoporose devrait apparaître. Issus des biotechnologies, ils viendront renforcer encore l’arsenal thérapeutique.


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