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Sédentarité : la tueuse silencieuse

Destination santé

Témoignages.re / 21 juillet 2012

L’inactivité physique serait à l’origine chaque année dans le monde de plus de… 5 millions de morts. Un chiffre similaire à la mortalité imputable au tabagisme. Et dès les premières années de vie, les effets de la sédentarité seraient dévastateurs.

Des chercheurs de la Harvard Medical School à Boston (États-Unis) estiment que le manque d’activité physique serait à l’origine de 6% à 10% des « quatre grandes maladies non-transmissibles » : maladie coronarienne, diabète de type 2, cancers du sein et du côlon. Au total, la sédentarité aurait provoqué « 5,3 millions de morts en 2008 ». Soit 10% du total des décès observés cette année-là au niveau mondial. Des chiffres supérieurs à ceux qui sont retenus contre le tabac. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, ce dernier tue en effet chaque année 4,9 millions de personnes dans le monde.

Dans le détail, les estimations suggèrent qu’à l’échelle mondiale, 6% des cas de maladie coronarienne sont dus à la sédentarité, avec des chiffres qui vont de 3,2% en Asie du Sud-Est à 7,8% en Méditerranée orientale. Enfin, l’inactivité physique est impliquée dans 7% des cas de diabète de type 2, et 10% des cas de cancers du sein et du côlon.

« Sur les 7,25 millions de décès dus à la maladie coronarienne en 2008, plus de 15.000 auraient pu être évités en Afrique, 60.000 en Amérique, 44.000 en Méditerranée orientale, 121.000 en Europe, 59.000 en Asie du Sud et 100.000 dans la région du Pacifique occidental », indiquent les auteurs. A leurs yeux, « le simple fait de réduire la sédentarité de 10% à 25% permettrait de prévenir entre 533.000 et 1,3 million de morts par an, dans le monde ».

Télé : la diète pour les plus jeunes

Une autre étude menée chez des enfants montre l’impact dévastateur de la sédentarité, dès les premières années de vie ! Au total, 1.314 enfants figurant dans la base de données d’une étude à long terme menée au Québec ont participé à ce travail. Ils n’étaient pas seuls pris en compte : leurs parents l’étaient aussi… Ces derniers ont rapporté le nombre d’heures que leurs enfants passaient devant la télévision, durant la semaine et le week-end. La fourchette d’âge surveillée — entre l’âge de deux ans et demi et celui de quatre ans et demi — ne se prêtait pas, en effet, à une administration directe des questionnaires par les enfants. Tous ont également passé un test de… saut en longueur.

« Nous avons constaté que chaque heure hebdomadaire passée par un enfant de 29 mois à regarder la télévision se traduisait par une réduction d’environ un tiers de centimètre de la longueur du saut qu’il était capable d’exécuter », explique le Pr Linda Pagani, de l’Université de Montréal.

Principale auteure de ce travail, elle a également montré l’influence de la sédentarité sur le tour de taille. Chez les 15% d’enfants qui, à 4 ans et demi, regardaient la télévision à raison de 18 heures par semaine, elle a constaté une augmentation moyenne du tour de taille de 7,6 millimètres avant l’âge de 10 ans. « En un mot, il n’est pas bon de trop regarder la télévision », résume le Pr Pagani. Surtout pour les plus jeunes !

©Agence de Presse Destination Santé-2012


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