Santé vie pratique

Sport et Ramadan, ne cherchez pas la performance

Témoignages.re / 8 août 2011

Le Ramadan est l’un des piliers de l’Islam. Du lever au coucher du soleil et pendant tout un mois, les croyants ne doivent donc ni manger, ni boire. Un jeûne qui s’accorde assez mal avec une pratique sportive intense

« Dans la pratique sportive, le principe est de compenser les pertes, hydriques et énergétiques, pendant l’effort », expose le Dr Stéphane Cascua, médecin du sport à Paris. Or, ces pertes en eau, dans certains cas, « peuvent atteindre jusqu’à 4 litres par heure », et le jeûne empêche naturellement cette compensation. « Les pertes hydriques entraînent une fuite de sels minéraux, ce qui augmente le risque de crampes, dont celle du cœur qui peut se traduire par la mort subite. Le déficit énergétique existe aussi, et peut conduire à l’hypoglycémie ».

Hors des risques pour la santé, le jeûne affecte également les capacités mêmes des sportifs. Les performances psychomotrices commencent à s’altérer à partir de 1% de déshydratation, et les performances musculaires à partir de 2%. S’il n’est pas question de rechercher l’excellence sportive au moment du jeûne, on peut vouloir poursuivre un entraînement doux pendant cette période, conciliant ainsi son entraînement avec le respect de sa croyance. Mieux vaut éviter la fin de journée, quand les déficits hydrique et énergétique sont les plus élevés. « Si les horaires le permettent, privilégiez des sessions d’entraînement matinales, plusieurs heures après vous être réhydraté. Et faites suivre cette session d’un petit-déjeuner copieux », conseille le Dr Cascua. Tout cela bien sûr avant le lever du soleil. Avec un jeûne qui débute aux alentours de 5 heures du matin, ce ne sera évidemment pas chose facile. Mais pas du tout impossible, et après tout, c’est cela aussi le sacrifice...


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