Santé vie pratique

Vaccination : ne relâchons pas la vigilance !

Destination santé

Témoignages.re / 20 février 2010

En un peu plus d’un siècle, les vaccins auront sauvé des centaines de millions de vies. Ils ont aussi permis d’éradiquer une maladie — la variole — et de réduire considérablement la poliomyélite.

La campagne antivariolique menée par l’OMS de 1967 à 1977 a en effet éliminé totalement la variole. Dans les années 60, elle menaçait plus de 60% de la population mondiale, et une personne sur quatre atteintes en mourait. La situation de la poliomyélite est différente. Même si l’éradication n’est pas encore en vue, le nombre d’infections a reculé de 99% depuis 1988. Au total, plus de 5 millions de personnes ont ainsi échappé à la paralysie ou à la mort.

En 2008, 106 millions d’enfants ont été vaccinés dans le monde. Un record ! Chaque année, les vaccins préviennent ainsi 3 millions de décès et préservent 750.000 enfants des séquelles de maladies infectieuses.

Tétanos, poliomyélite, diphtérie… Autant de maladies qui ont pratiquement disparu en France. Alors pourquoi continuer à vacciner ? Parce que virus et bactéries circulent encore chez nous, comme dans le reste du monde naturellement. La vaccination est donc souvent le seul moyen de garantir une protection efficace. Protection pour soi-même, mais aussi geste altruiste qui participe à la protection de toute une population. Car plus il y a d’enfants vaccinés, moins ils se transmettent le virus ou la bactérie concernée et plus cette maladie a de chances de disparaître.

La preuve avec la rougeole, que la France ne parvient pas à éradiquer. Pourquoi ? Parce que les enfants et les jeunes adultes sont trop peu vaccinés. En 2008, plus de 600 cas de rougeole sont déclarés — 604 très précisément, dont 94% chez des personnes incomplètement vaccinées ou… pas du tout. Entre janvier et août 2009, le nombre de cas a encore augmenté : 1.200 déclarations et deux décès. D’où l’extrême importance de vacciner en deux doses les nourrissons contre la rougeole avec le vaccin trivalent, mais aussi de compléter la vaccination des enfants et adolescents n’ayant reçu qu’une seule dose.

Comment ça marche ?

Au cours d’une vaccination, on injecte un microbe tué ou atténué, donc inoffensif. L’organisme le reconnaît cependant comme s’il était actif, et produit des anticorps pour se défendre. Nos défenses garderont ensuite en mémoire les traces de cette “bataille”. Ainsi, dès que le germe en question se présentera de nouveau, elles réagiront plus rapidement — et efficacement — pour fabriquer des anticorps spécifiques.

A l’inverse, sans vaccination, nos défenses immunitaires n’auront pas le temps de fabriquer suffisamment d’anticorps. Ainsi virus et microbe provoqueront-ils une forme clinique de la maladie, avec parfois des complications graves. Pour bâtir une défense suffisante, plusieurs doses sont en général nécessaires. C’est le but des rappels, qui consolident et entretiennent la mémoire immunitaire. Comme tout médicament, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables chez certaines personnes. Ils sont le plus souvent modérés et passagers — fièvre ou réactions localisées à type de rougeur, de douleur et/ou de gonflement. Des réactions allergiques sont certes possibles, mais il est exceptionnel qu’elles revêtent un caractère de gravité.


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