Santé vie pratique

Zona : vaccination au calendrier vaccinal

Destination Santé

Destination Santé / 17 mai 2016

C’est LA nouveauté du calendrier vaccinal 2016. La vaccination contre le zona est désormais recommandée chez les personnes âgées de 65 à 74 ans révolus. Le vaccin sera également pris en charge chez les personnes de 75 à 79 ans révolus, à titre de rattrapage et pendant un an.

JPEG - 24.3 ko
Photo Phovoir

Le virus de la varicelle, acquis en général dans l’enfance, reste ensuite présent à l’état latent dans l’organisme. Après guérison de la varicelle, le virus varicelle zona persiste ainsi au niveau d’un ganglion sensitif. Il se fait donc discret, jusqu’au jour où il se réveille. Il gagne alors les fibres nerveuses puis chemine jusqu’à la peau où il entraîne une éruption, le plus souvent douloureuse. Cette réactivation subite porte un nom : le zona. Le ministère de la Santé estime à 25% la proportion de la population française susceptible « d’en avoir un au moins » au cours de sa vie entière. Chaque année, 300 000 cas seraient ainsi recensés en France.

L’incidence comme la gravité de la maladie augmentent avec l’âge. A tel point que la moitié des personnes atteignant 80 ans en auront été victimes. Cette vulnérabilité s’explique par un phénomène appelé immunosénescence. Autrement dit, le déclin progressif des défenses immunitaires, dû à l’âge.

Des seniors en première ligne

C’est pourquoi les recommandations de vaccination contre le zona, introduites dans le calendrier vaccinal 2016 ciblent les seniors. Administrée en une injection unique, la vaccination est recommandée chez les adultes de 65 à 74 ans révolus (co-administration possible avec le vaccin contre la grippe saisonnière). Malgré une efficacité moindre, il est également possible, durant un an, c’est-à-dire jusqu’à la publication du calendrier des vaccinations 2017, de proposer une vaccination aux personnes âgées de 75 à 79 ans révolus. On peut noter que ce vaccin est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées, et que la nécessité d’une dose de rappel n’est actuellement pas connue.

Diminuer l’incidence…

Dans son avis du 25 octobre 2013, le Haut Conseil de la Santé publique [1] (HSCP) expliquait que « le vaccin zona a fait la preuve de sa capacité à réduire de façon significative le poids de la maladie ». « Dans les faits, il s’agit effectivement d’un vaccin particulier car il agit à plusieurs niveaux », explique le Pr Gaétan Gavazzi [2], gériatre au CHU de Grenoble. Tout d’abord, « il protège contre la maladie puisqu’il divise par deux le risque de d’un zona chez les 60-79 ans ».

… et la survenue des complications

La vaccination agit également sur les complications du zona, autrement dit les douleurs ou névralgies post-zostériennes. « Il s’agit de douleurs neuropathiques comme des sensations de brûlure ou de décharge électrique », poursuit le médecin. « En phase aiguë, plus de 8 patients sur 10 sont concernés. Ensuite, elles persistent sous différentes formes chez 10% à 15% des malades, et jusqu’à 30% si l’on considère les patients âgés de 70 ans et plus. Il s’agit de personnes dont la qualité de vie peut être fortement dégradée. L’impact de ces douleurs est très lourd sur le quotidien ». D’après une étude menée dans la population générale, la vaccination diminuerait d’environ 60% la survenue de ce type de complications chez des personnes âgées de 65 ans et plus.

En conclusion, le médecin insiste sur la « bonne tolérance et la simplicité d’utilisation d’un vaccin qu’il faut considérer comme un atout supplémentaire dans le cadre du bien-vieillir. Tout simplement pour éviter de voir s’installer des douleurs, post-zostériennes, susceptibles de dégrader la vie de tous les jours », A la moindre question sur le zona ou sur l’intérêt de la vaccination, interrogez votre médecin.

© 2016, Agence Destination Santé

[1Haut Conseil de santé publique. Avis relatif à la vaccination des adultes contre le zona avec le vaccin Zostavax®, 25 octobre 2013

[2Interview du Pr Gaétan Gavazzi, 5 avril 2016


Kanalreunion.com