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Porte ouverte avec des balles tirées par des policiers
8 octobre 2009
Saint-Louis, 5h30 du matin, Avenue des Maldives. Après avoir tiré trois coups de feu dans la porte de la maison, 6 policiers cagoulés en tenue de combat font irruption dans le salon. Deux d’entre eux restent sur place. Les quatre autres se ruent à l’étage, où dorment Isabella Françoise, sa fille et un bébé de trois mois.
Les hommes enfoncent les portes à coup de pied. L’un d’eux braque un fusil à pompe sur la poitrine d’Isabella Françoise, terrorisée. Sous l’effet de la peur, sa fille tente de fuir par la fenêtre de l’immeuble, prenant le risque de chuter de plusieurs mètres. Dans son petit lit, le nourrisson étouffe dans l’air saturé de poudre et de fumée. Hurlant des invectives contre les deux femmes, les policiers saccagent l’appartement, enfoncent les portes des armoires, renversent les lits, et répandent sur le sol le contenu des tiroirs. À aucun moment, les hommes masqués n’ont précisé l’objet de cette perquisition. Ils n’ont fourni aucun document, n’ont donné aucune explication. « Où est ton mari », se contentent-ils de hurler. Soudain, l’un d’entre eux se rend compte qu’il y a erreur. Les policiers dévalent alors les escaliers, et se ruent dans la maison voisine. « On vous apellera dans l’après-midi… pour nous excuser », lance l’un deux à Isabella Françoise. De leur salon jonché des débris de la porte et des douilles dispersées par les tirs de fusil à pompe, les deux femmes, traumatisées, voient les mêmes scènes se répéter dans l’entrée de l’habitation voisine, ou vivent Roger Derfla et sa famile.
Là encore, les policiers cagoulés enfoncent la porte et menacent de leurs armes les habitants. « Fais pas le bad boy », hurle l’un d’eux au jeune fils de l’homme qu’ils « arrêtent », et enfournent dans une voiture, sans un mot d’explication.
Geoffroy Géraud


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