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Fédération Commerce et Services de la CGTR
6 octobre 2009
La Réunion doit-elle craindre pour ses emplois ? Après le BTP, le commerce ? La CGTR attire l’attention sur les conflits qui couvent dans les secteurs du commerce et des services. La Fédération se met en action pour prévenir les licenciements.

Marlène Derfla estime que « les nouvelles technologies sont une révolution, mais elle ne peut pas se faire au détriment de l’emploi ».
La Fédération Commerce et Services de la CGTR est prête, s’il le faut, à la mobilisation. Les attaques contre l’emploi dans le commerce sont discrètes et lentes, mais bien réelles. Les caisses automatiques dans la grande distribution, les pompes automatiques dans les stations-service menacent des milliers de salariés. Par ailleurs, dans le secteur de la restauration collective, en plein développement, la Convention collective n’est pas appliquée.
Hier, lors d’une réunion syndicale des délégués de la section Nord, la CGTR Commerce a annoncé son intention de faire barrage à ces attaques contre l’emploi.
La Fédération Commerce veut dans un premier temps privilégier le dialogue social. Elle sollicite la Direction du Travail pour l’organisation d’une réunion avec le patronat du Commerce et des Services.
Mais déjà, elle met en place des cellules de crise pour les salariés menacés de licenciement, afin aussi de faire remonter les revendications.
Emplois dévalorisés
Dans la grande distribution, au Jumbo Score du Sacré-Cœur (Le Port), la caisse automatique est en expérimentation. En France, cette robotisation a entraîné des licenciements, indique Marlène Derfla, secrétaire général de la CGTR Commerce.
Une catastrophe si la même chose se produisait à La Réunion. Le syndicat refuse l’introduction des caisses automatiques et veut poser les vrais problèmes : la revalorisation du métier de caissière et la pénibilité du travail. Des salaires au SMIC, des contrats précaires, sans perspective d’évolution, des anciens salariés poussés vers la sortie, des salariés qui souffrent de Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) et de stress. Pour Marlène Derfla, « les nouvelles technologies sont une révolution, mais elle ne peut pas se faire au détriment de l’emploi ».
Patrick Lauret, président de la Fédération CGTR Commerce et Services, n’exclut pas « une action dans les magasins de la grande distribution » pour exiger le retrait des caisses automatiques.
Du côté des stations-service Tamoil, la soi-disant baisse des marges est un prétexte au licenciement. Pour la CGTR, le chantage à l’emploi cache un autre dessein : le recours aux pompes automatiques. « Le préfet est complice », affirme Patrick Lauret.
Pour la CGTR Commerce, il y a urgence à créer des syndicats de proximité pour ces entreprises de moins de 11 salariés, non structurées. D’autant plus que la pression est forte sur les pompistes, contraints de travailler depuis peu le dimanche après-midi. « S’il y a licenciement, nous demanderons l’application de la Convention collective des produits pétroliers et non de la Convention collective départementale », prévient Patrick Lauret.
La situation est différente dans le secteur de la restauration collective. Les 450 emplois ne sont pas menacés, et en 2010, le secteur pourrait bien compter 1.500 à 2.000 salariés. Mais la CGTR Commerce dénonce la non application de la Convention collective nationale. « Nous avons intérêt à structurer dès aujourd’hui le secteur », insiste Patrick Lauret. L’idée serait de créer un syndicat de la restauration collective.
Edith Poulbassia
La crise, un prétexte ?
Sylvaine est caissière à Jumbo Score. Elle constate une réduction de la durée des CDD. De un an, ils durent aujourd’hui entre un et trois mois pour 30 heures de travail hebdomadaires. Concernant les caisses automatiques, le magasin où travaille Sylvaine n’est pas directement concerné pour l’instant. Pas avant 2011, lui a-t-on dit. Priorité aux centres commerciaux.
Patricia est quant à elle vendeuse à “100.000 chaussures”. « Moi, où je travaille, je ne sens pas la crise », affirme-t-elle. Et pourtant, selon elle, le chômage partiel guette les employés, la tendance est aux économies. La grille de salaire n’a pas évolué depuis longtemps, l’ancienneté n’est pas prise en compte, affirme-t-elle.
EP
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