Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Créole interdit dans une réunion d’enseignants à l’EPLEA de Saint-Joseph : lettre ouverte
13 mai 2009

L’interdiction écrite faite par un directeur d’EPLEA à un enseignant de s’exprimer en créole lors d’une réunion suscite de nombreuses réactions. Voici une lettre ouverte signée par de nombreuses personnes, rappelant que la lutte pour le respect de la langue maternelle réunionnaise est un combat quotidien.
1975, Alain Chion-Hock, professeur à l’Ecole Normale, propose à des élèves d’une classe de cycle 3 un travail à partir d’un conte créole de Boris Gamaleya, “Kalandiak !” Mon Dié, kosa li la parti fé ! Kalandiak ! Diak ! Kalandiak ! Diak ! Le Vice-recteur lui tombe dessus en s’appuyant sur un texte de… tenez-vous bien, 1887. Il est signé Jules Ferry et stipule : « Le français sera seul en usage à l’école ». « On a l’actualité qu’on peut », s’exclame à ce propos Louis Jean Calvet, en préface du livre d’Axel Gauvin, “Du créole opprimé au créole libéré”, L’Harmattan, 1997.
1983, une institutrice en poste à l’Ecole Gabriel Macé de Saint-Denis a osé inviter Gilbert Pounia dans sa classe. Plus grave encore elle, est surprise par la directrice en train de parler créole aux élèves dans la cour de récréation : « J’ai une anomalie… ça fait 25 ans que j’enseigne. Jamais je n’ai entendu une institutrice parler en créole avec les enfants ». (“Sobatkoz”, Revue du Groupe de Recherches et d’Etudes Créoles, N° spécial, Mars 1984). L’institutrice est convoquée chez le Vice-recteur.
Depuis, il s’est passé des choses. Et des textes. Et de l’engagement et du travail dans les Ofis.
Le statut de Langue Régionale a été reconnu au créole, la France a ratifié les 39 articles de base de la Charte Européenne des Langues Minoritaires, un CAPES de créole a été créé, cette langue est enseignée dans les collèges et les lycées, les Langues Régionales sont mentionnées dans la Constitution comme appartenant au patrimoine de la France.
Il s’est passé des choses, et des textes, qu’un fonctionnaire zélé, hussard noir de la République, venu prolonger la chasse aux patois jusque dans nos campagnes, semble tout bonnement ignorer.
Nous ne manquerons pas en effet de lui demander le fondement réglementaire de son rappel à l’ordre à son enseignant ainsi que ses menaces de sanction par voie de presse.
Seul le français est admis en réunion… Monsieur le Directeur, pourquoi pas, tant que vous y êtes… en “Réunion” ?
Signataires :
Marie Antoinette Cailasson, Laurence Daleau, Axel Gauvin, Bertrand Grondin, Guilaine Grondin, Daniel Lauret, Marie Mezino, Marie-Claude Narayanin, Jocelin Lakia, membre de Lofis la Lang Kréol, Président d’Inn Ti Manzé Pö Lö Kër, Yvette Duchemann, présidente de Galizé, membre de Lofis la lang Kréol La Rénion ; Jean-François Samlong, président de l’UDIR ; Laurita Alendroit-Payet, présidente de Ankraké ; Teddy Iafare-Gangama, artiste, membre de Lofis la Lang Kréol et représentant de ZAMALAK ; Laurence Daleau, présidente de l’association Tikouti (enseignement/matériel pédagogique LCR) ; Vanessa Hervé, présidente de lantant LCR (enseignement de la langue et culture réunionnaises) ; Aurélie Filain, présidente de l’ACCR (Certifiés de créole) ; Marie-Claude Narayanin, parent d’élève, Militante pour la Liberté des Droits de l’Homme ; Michèle Sainte-Rose, professeur de créole ; Daniel Honoré, écrivain et rakontèr zistoir ; Maryline Dijoux, artiste ; André Payet, PE à la retraite et fonnkëzèr ; Kristof Langrome, artiste ; Benoît Blard, parent d’élève ; Daniel Lauret, écrivain ; Guilaine Grondin, psychologue ; Eric Alendroit, Ankraké ; Monique Turpin, enseignante ; Daniel Turpin, Jacques Poustis, Arnold Jaccout, Daniel Turpin (ti plantèr La Réunion) ; Monique Turpin (PLP français, anglais) ; Richard Dijoux, Noro D’Alberto, enseignante ; Charlotte Rabesahala, anthropologue ; Aline Hoarau, Miaro ; Jean-Pierre Espéret, professeur de français.
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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Messages
13 mai 2009, 07:28, par Micha
Je pense qu’il y a une petite erreur : en effet, la France n’a jamais ratifié la charte européenne des langues minoritaires. Signée, soit, mais jamais ratifiée. De fait, la France, qui a demandé avec les autres pays européens que chaque nouveau pays membre doit avoir signé et ratifié la dite charte, ne la elle même pas fait.
29 juillet 2009, 13:53, par AMIR
bonjour à tous,
je chercherai à participer amplement à vos réflexion sociaux économiques du Sud y faudrai Voir le covoiturage très sérieusement.merci
9 avril 2025, 12:15, par nina
Bonjour,
Quelqu’un connaît-il le nom du vice-recteur de l’époque ?