Droits humains

20 morts suite au naufrage d’un kwassa kwassa

Nouveau drame entre Anjouan et Mayotte

Céline Tabou / 14 mars 2013

Plus d’une vingtaine de personnes ont péri dans le naufrage d’un kwassa kwassa, dans la nuit de ce dimanche à lundi, au large de Mtsamboro. L’embarcation venait d’Anjouan, île comorienne située à environ 70 kilomètres de Mayotte, avec à son bord une trentaine de personnes, seules six personnes ont survécu.

D’après l’Agence France Presse, cet accident intervient après une série d’interceptions ce week-end de "kwassa-kwassa" par la brigade maritime de France. « Neuf embarcations de fortune en provenance d’Anjouan, l’île comorienne distante de seulement 70 km environ, ont été arraisonnées et leurs 200 passagers ont été interpellés et immédiatement expulsés », a indiqué l’agence.

Ce naufrage met en évidence les conséquences de la décolonisation des Comores et de l’éclatement de l’archipel, faisant de Mayotte un département français. Le 6 juillet 1975, l’Assemblée des Comores a proclamé l’indépendance du pays.

Avoir une meilleure vie

Pour des raisons diverses et variées, de nombreux Comoriens préfèrent quitter leur île, dont une grande partie vient d’Anjouan pour rejoindre Mayotte. Pour des raisons économiques, familiales ou encore sanitaires, les Comoriens souhaitent améliorer leurs conditions de vie en se rendant dans des conditions difficiles à Mayotte, où les systèmes institutionnels et administratifs diffèrent.

Plus de 15.000 personnes ont disparu dans les eaux entre les deux îles, depuis une trentaine d’années. « Cette zone de l’océan Indien est devenue un grand cimetière marin dans le lagon mahorais. C’est un véritable scandale, car ce lagon est contrôlé par l’Administration française et depuis peu par l’Union européenne » avait dénoncé le Parti communiste réunionnais dans un communiqué de presse, en septembre 2012, après un énième naufrage.

Cependant pour ceux qui arrivent à Mayotte, ils sont reconduits à la frontière. Selon les chiffres officiels de juillet 2012, 26.405 personnes, dont 5.389 enfants, ont été expulsées de Mayotte en 2011 après avoir été retenues dans « des conditions indignes », selon le défenseur des droits, Dominique Baudis.

Face à cette, le PCR avait appelé à aller « au-delà de la co-gestion de cet espace maritime, c’est une véritable politique de co-développement solidaire que la France doit mettre en œuvre entre elle-même et toutes les îles de cet espace géographique ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com