Droits humains

60 millions de personnes menacées par la famine dans le monde

L’ONU appelle à allouer plus de ressources pour faire face aux conséquences du phénomène El Niño

Témoignages.re / 7 juillet 2016

Les gouvernements et la communauté internationale doivent intensifier leurs efforts pour mettre fin à la souffrance des populations, renforcer la résilience et protéger les moyens d’existence suite aux effets dévastateurs du phénomène El Niño dans le monde entier, ont déclaré mercredi les responsables de trois agences des Nations Unies basées à Rome.

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Sécheresse au Lesotho. (Photo FAO)

« Plus de 60 millions de personnes dans le monde, soit environ 40 millions dans l’Est et le Sud de l’Afrique, seront probablement confrontées à une situation d’insécurité alimentaire suite aux effets du phénomène climatique El Niño », ont averti dans un communiqué de presse conjoint l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

« El Niño a principalement provoqué une crise agricole et alimentaire », a précisé le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, annonçant que son agence mobiliserait des financements supplémentaires visant à se concentrer sur une action précoce et anticipée, qui ciblera l’agriculture, l’alimentation et la nutrition.

Selon les trois agences, la Corne de l’Afrique, l’Afrique australe, le Couloir sec d’Amérique centrale, les Caraïbes, l’Asie du sud-est et les îles du Pacifique ont été les régions les plus durement touchés.

Phénomènes climatiques

La FAO, le PAM et le FIDA ont également appelé à davantage de préparation afin de gérer l’éventuelle apparition du phénomène climatique La Niña plus tard cette année, un phénomène climatique opposé et étroitement lié à El Niño.

Selon les scientifiques, La Niña s’accompagnerait de précipitations supérieures à la moyenne et d’inondations dans les zones affectées par une sécheresse liée au phénomène El Niño. Paradoxalement, les scientifiques prévoient que les zones inondées suite aux effets du phénomène El Niño soient, à leur tour, frappées par la sécheresse dans le cadre du phénomène La Niña.

D’après la FAO, le FIDA et le PAM, le nombre de personnes affectées par les effets combinés d’El Niño et de La Niña pourrait atteindre les 100 millions sans une intervention de la communauté internationale.

« Mobiliser les ressources pour agir rapidement dès maintenant peut sauver des vies et diminuer les dégâts tout en réduisant les frais à l’avenir », a déclaré la Directrice exécutive du PAM, Ertharin Cousin.

Afin de coordonner les interventions pour faire face à ces défis et mobiliser la communauté internationale, les trois agences de l’ONU et d’autres partenaires se sont réunis mercredi au siège de la FAO, à Rome.

4 milliards de dollars nécessaires

Le Ministre auprès du cabinet du Premier ministre du Lesotho, Kimetso Henry Mathaba, le Ministre somalien de l’élevage, de la foresterie et des pâturages, Said Hussein Iid, et la Ministre zimbabwéenne du service public, du travail et de la protection sociale, Priscah Mupfumira, étaient également présents.

Au cours de cette rencontre, les participants ont reconnu que près de 4 milliards de dollars étaient nécessaires en vue de répondre aux besoins humanitaires des pays affectés par le phénomène climatique El Niño, dont 80% devraient servir à répondre aux besoins agricoles et alimentaires.

A l’issue de la réunion, un appel a été lancé par les agences afin de rétablir les moyens d’existence des agriculteurs qui ont été fortement affaiblis par les sécheresses liées au phénomène El Niño.

« Les petits exploitants agricoles en milieu rural sont affectés par ces catastrophes naturelles de manière disproportionnée car bon nombre d’entre eux dépendent de l’agriculture pluviale pour leur survie et leurs moyens d’existence et n’ont pas la capacité de se relever après les chocs », a déclaré la Vice-présidente du FIDA, Lakshmi Menon. « Nous devons investir dans le renforcement de leur résilience sur le long terme afin qu’ils soient mieux préparés aux prochains phénomènes El Niño et La Niña et puissent continuer de cultiver pour nourrir leurs familles », a-t-elle indiqué.

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