Droits humains

7 morts et 6 disparus entre Anjouan et Mayotte

Nouveau drame dans l’archipel des Comores

Manuel Marchal / 16 juillet 2012

La moitié des occupants d’un kwassa-kwassa reliant clandestinement Anjouan à Mayotte sont morts ou disparus dans la nuit de jeudi à vendredi. Voilà qui rappelle combien les effets d’une décision dépassent bien souvent ceux qui les prennent.

Quand en 1975, le ministre de l’Outre-mer Olivier Stirn et le président de la République Valéry Giscard d’Estaing décident de remettre en cause le résultat du référendum d’autodétermination du Territoire d’Outre-mer des Comores, s’attendaient-ils à ce que cette décision soit à l’origine de la création d’un des plus importants cimetières marins du monde ?
Le second naufrage meurtrier en moins de deux mois porté à la connaissance des médias vient de rappeler les responsabilités dans le drame silencieux qui se joue dans un pays avec lequel nous partageons tant de liens culturels et historiques. Le 19 mai dernier, une autre pirogue avait chaviré. La mer avait rendu 5 corps, et 15 autres passagers sont restés portés disparus.
Depuis 1995, et l’instauration par le gouvernement français d’un visa pour voyager de la Grande Comores, le Mohéli ou d’Anjouan vers Mayotte, il est devenu très difficile de venir à Mayotte. Et c’est Mayotte qui est devenue le plus gros pourvoyeur de chiffres en matière d’expulsions.
Du coup, les traversées clandestines sont devenues pour beaucoup la seule possibilité de franchir le mur invisible qui s’est dressé au milieu de l’océan Indien. Des centaines de bateaux ont déjà chaviré dans la nuit, entrainant leurs malheureux passagers vers un destin tragique.
Si rien n’est fait, ces drames vont se poursuivre.
Le changement de gouvernement à Paris permettra-t-il de rechercher une solution à cette crise humanitaire très grave ?
Le passage à Mayotte hier d’un membre de ce gouvernement montrera s’il sera donné un premier signe du changement.

M.M.


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