Droits humains

Affirmer l’entre-aide

Vie quotidienne : les gramouns

Jean Fabrice Nativel / 25 septembre 2012

Rendons visite à nos personnes âgées, qu’elles soient restées chez elle où qu’elles reposent dans un établissement spécialisé. Vous voir, quel moment de bonheur pour elles et vous !

• Malade d’Alzheimer : uniquement sa sœur lui rend visite

« Je suis bouleversée »

Régulièrement, Chantal visite dans « la douleur » sa sœur aînée malade d’Alzheimer. Placée en institution spécialisée depuis 2 années, elle s’y rend régulièrement. « A chaque fois que je la quitte », confie-t-elle, « je suis bouleversée ». En effet, lorsqu’elle a appris la nouvelle, toutes les démarches, c’est elle qui les a entreprises. Et pour cause, nombre de parents se sont éloignés des sœurs. Tous avaient du jour au lendemain multitudes d’occupations.

« Je suis allée de bureau en bureau pour constituer des dossiers », se souvient-elle, un peu amère. « Je me suis concertée avec son médecin. Lui m’a dit dans les moindres détails tout sur cette maladie. Surtout, je lui ai demandé quelle attitude adopter envers ma sœur ».

Et d’ajouter : « Je tiens à saluer le personnel aux petits soins avec les malades. Il réalise un travail formidable. Il fait preuve de patience ».

Selon les jours, Chantal retrouve sa sœur en forme ou pas. Ainsi va la vie.

• Au chevet d’Hortense : Frédérique épaule sa tante

Accompagnée dans la maladie

Hortense est aujourd’hui gravement malade. Pour lui faciliter le quotidien, une aide ménagère a été mise à sa disposition. Elle a sollicité le soutien de l’une de ses nièces. Frédérique effectue un peu de ménage, repassage, règle les différentes factures, effectue les achats vitaux, etc.

L’après-midi, elle réalise des allers et retours entre sa case et celle de sa tante. Il est vrai, elle a les gosses à récupérer à la sortie d’école. Par la suite, elle mijote le kari du soir. Une portion lui est réservée. Son mari de retour — lui s’occupe des enfants —, elle s’en va auprès de la parente, qui la déguste.

Un brin de causette, toutes deux regardent la télé. Il est 21 heures. C’est l’occasion de voir si toutes les prescriptions du médecin ont été observées. Elles se disent bonne nuit. Puis, à 5h30 heures, la nièce se lève, rentre chez elle et s’occupe de la marmaille. Voilà le quotidien de Frédérique dévouée depuis 6 mois.

• En couple : un soutien précieux au père

« Ou pé kont si nou »

Ce n’est que le week-end qu’Antoine reçoit la visite de l’un de ses garçons. Aussitôt que celui-ci a quitté son travail le vendredi vers 15h, il s’empresse de rejoindre le Sud. Fort heureusement, se félicite-t-il, « la route des Tamarins facilite le trajet Saint-Denis-Saint-Pierre ».

Sa compagne le rejoint le samedi. Le couple, levé, consacre la matinée au nettoyage de la maison et du jardin fleuri. Pendant la semaine, ce rôle est distribué à l’aide ménagère. On effectue un point sur les achats à réaliser. Passé le déjeuner, il emmène Antoine pour une promenade.

A Manapany où ils se sont rendus récemment, les trois ont marché à l’ombre des filaos. C’était l’occasion pour eux de se rappeler le temps des sorties conviviales. La famille se retrouvait le dimanche autour « d’un bon zambrokal, rougay sosis èk in rougay piman ». Aujourd’hui, ce temps est révolu. « Sur ce fils, je peux compter », affirme-t-il. Quoiqu’il arrive, il sera toujours « présent » pour son père.

En bref, le message à passer tient en quelques mots. Dans la vie, il est crucial d’être solidaire les uns des autres. Nos gramouns, pour certains, n’ont pas eu une vie facile. C’est pourquoi il est crucial de leur tenir compagnie jusqu’au bout de leur route.

JFN



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